mardi 8 août 2017


Proche-Orient, Ukraine-Russie, Venezuela, Péninsule coréenne, Palestine, criminalisation des communistes en Europe de l’Est… : sur le plan international aussi, « LES BARRICADES N’ONT QUE DEUX CÔTES » (Elsa Triolet).

par Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF,

et Antoine Manessis, responsable de la commission internationale

 

Sur fond de crise larvée du capitalisme mondialisé et de difficultés croissante des USA à maintenir leur belliqueuse hégémonie mondiale, le monde vit une situation internationale contrastée et dangereuse, avec de très nombreux foyers de tensions dont certains peuvent à tout moment donner prétexte à des conflits dévastateurs, mondialisés, voire franchement exterminateurs, c’est-à-dire mettant en cause l’existence de l’humanité. En l’absence de l’URSS et du camp socialiste mondial, qu’a détruit la contre-révolution anticommuniste des années 90, faute d’un puissant Mouvement communiste international s’inspirant partout du marxisme-léninisme pour porter à la fois l’internationalisme prolétarien et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pour coopérer librement, en présence d’un impérialisme américain d’autant plus revanchard qu’il est historiquement déclinant, avec la montée en puissance d’une Europe allemande en pleine course aux armements et avec le retour en force international d’un Japon en proie au militarisme résurgent et au négationnisme historique, alors que Macron poursuit les ingérences néocoloniales en Afrique, alors qu’il menace la Syrie souveraine et qu’il s’engage dans la mise en place d’une « défense européenne » surarmée et asservie à l’OTAN, cette situation appelle de la part des forces communistes, progressistes, patriotiques, internationalistes, antifascistes et anti-impérialistes nationales et internationales un extrême esprit de solidarité et de responsabilité à l’égard des peuples et des pays qui tiennent tête, dans des situations généralement complexes, contradictoires et embrouillées, à cet ennemi principal des peuples, de la paix mondiale et de l’avenir même des hommes qu’est, sur tous les plans, économique, politique, culturel, écologique, et bien entendu, militaire, l’impérialisme-capitalisme.

 

Or, dans la dernière période, et nonobstant l’extrême danger pour la paix et pour l’avenir des processus progressistes, on voit s’accentuer la tentation de certains milieux dits progressistes, voire « marxistes », de MEGOTER leur solidarité avec les peuples victimes d’agression :

  • plus encore que d’autres Etats progressistes de l’ALBA, et plus généralement, de l’Amérique latine en lutte, le Venezuela bolivarien est tenaillé par une sanglante tentative de déstabilisation à la chilienne de la part de l’impérialisme US et de l’oligarchie locale ; or, alors que l’heure est aux manifestations de toute la gauche populaire française et européenne pour soutenir Maduro et pour combattre la « contra », on voit des dirigeants « communistes » (notamment le directeur de l’Humanité) qui donnent des leçons et qui appellent, en réalité, Maduro à quitter le pouvoir sans se battre, en un mot, à déserter le combat en « sauvant la face ». Quitte à isoler Cuba socialiste, la Bolivie et les autres pays de l’ALBA ?
  • équidistance irresponsable aussi quand certains ne lèvent pas le petit doigt pour conjurer la « guerre de grande ampleur contre la Corée du Nord » (comme l’a écrit D. Trump), dont la préparation militaire (manœuvres communes USA/Corée du Sud/Japon, « bouclier » antimissiles, etc.) est accompagnée par un tapage médiatique planétaire assorti de sanctions financières sans fin, hélas appuyées par l’ONU, et cela au motif que le « régime » nord-coréen (les aboyeurs de l’impérialisme emploient systématiquement cette expression codée quand il s’agit de déclasser un ETAT avant de l’écraser sous les bombes) ne répond pas aux critères édictés par l’Occident capitaliste en matière de « démocratie » : cette « démocratie » occidentale qui tolère que cinq millions d’enfants par an meurent de faim dans le monde, que plus d’un milliard d’hommes au monde, bientôt deux, dépérissent au chômage, que des Etats souverains entiers, notamment dans le monde musulman, soient détruits par les interventions américaines et otaniennes, que des milliers d’enfants, de femmes et d’autres innocents fuyant la mort risquent chaque jour la noyade en Méditerranée, que des Etats pétro-monarchiques médiévaux n’aient, eux, aucune question à se poser sur leur « régime » interne grossièrement oppressif pourvu qu’ils participent de l’ordre prédateur mondial parrainé par Washington, Tokyo, Berlin et leurs petits suiveurs de l’Elysée… et qu’ils financent de temps à autre l’ « achat » à grand bruit d’un mercenaire du sport-spectacle !
  • de même qu’il est fréquent, y compris « à gauche », voire à l’ « extrême gauche », de renvoyer hypocritement dos à dos les USA et les Etats russe, syrien, iranien, chinois, au motif que ces derniers ne correspondent pas aux normes du « pluralisme » (si mensonger tant il est de plus en plus sous contrôle à l’Ouest) du sacro-saint « Occident » auto-rebaptisé « Communauté internationale », alors même que l’ensemble constitué par la Triade hégémonico-impérialiste Washington-Berlin/Paris-Tokyo regroupe moins d’un dixième des habitants de la planète Terre !

 

                Pis encore, on voit parfois des forces se réclamant de Lénine et de la révolution dénoncer l’ALBA (Alternative bolivarienne des Amériques), cette tentative internationale certes très perfectible et encore passablement inaboutie d’alternative au modèle néolibéral, mais qui reste un point d’appui pour tous ceux qui préfèrent la coopération internationale entre peuples souverains à la « concurrence libre et non faussée » du TAFTA et des transnationales. Certes, le gouvernement chaviste-maduriste en place à Caracas est fort loin d’être un pouvoir communiste « classique ». Certes, le processus bolivarien est encore dominé au Venezuela par la petite et moyenne bourgeoisie nationale. Certes, il n’est pas, ou pas encore, clairement orienté vers la révolution socialiste et vers la dictature du prolétariat qui seule pourra, comme la révolution ouvertement socialiste choisie par nos camarades cubains en 1959/61, stabiliser enfin le pouvoir révolutionnaire, de planifier le redressement économique, d’assurer un emploi à chacun et de construire une patrie pour tous. De même, les « républiques du Donbass » ne sont certes pas, à l’heure actuelle, des républiques soviétiques et ouvrières au sens de 1917 et elles ne prétendent d’ailleurs pas l’être ; mais n’est-ce rien que, face au véritable « Drang nach Osten » (poussée vers l’Est, comme on disait dans les années 1930 et 40…) de l’UE-OTAN appuyé par le gouvernement pronazi de Kiev, des forces patriotiques, populaires, voire ouvrières se soient dressées dans cet Est de l’Ukraine qui fut l’un des berceaux d’Octobre 1917, de la « Jeune garde » chère au romancier Fadéiev et de l’héroïque Résistance prolétarienne de masse à Hitler à l’époque de l’opération Barbarossa apparemment triomphante !

 

Face à cette situation compliquée, le PRCF rappelle quelques principes élémentaires qu’il est indispensable de se réapproprier.

Il s’agit à la fois d’échapper à l’extrême opportunisme des uns qui, pour ne pas rompre leurs bonnes relations avec l’UE qui les finance à travers le Parti de la Gauche Européenne ni avec le PS social-impérialiste dont ils dépendent électoralement, ne « soutiennent » Maduro que « comme la corde soutient le pendu », (au point qu’un tel « soutien » est pire qu’une attaque frontale tant il désoriente les défenseurs français du processus bolivarien !), mais aussi au sectarisme doctrinaire des autres qui refusent la dialectique marxiste-léniniste de l’identité communiste et du rassemblement populaire, national et international qui doit unir dans l’action tous les ennemis de l’impérialisme, de l’anticommunisme et du fascisme, étroitement associés au Venezuela, en Ukraine et en Europe de l’Est.

 

Cette dialectique objective unit pourtant dynamiquement, « en mouvement », la défense des objectifs proprement prolétariens (révolution socialiste, pouvoir des travailleurs, communisme…) à l’incontournable  exigence de construire ici et maintenant, à partir des rapports de forces concrets, de larges fronts antifascistes, anti-impérialistes, anti-oligarchiques, antimonopolistes, pacifiques, patriotiques, démocratiques, progressistes, avec en parallèle l’effort constant de la classe ouvrière et des communistes – c’est-à-dire de la partie de cette classe qui s’efforce de jouer un rôle d’avant-garde de classe organisée – pour diriger ces fronts de manière efficace contre l’impérialisme, pour isoler les oligarques et leurs commis, pour orienter en définitive les révolutions patriotiques et démocratiques dans le sens de la révolution socialiste et du pouvoir des travailleurs. Il n’y a pas opposition en réalité entre la construction et la défense pleine et entière de ces larges fronts et le développement, dans chacun des pays concernés, de partis communistes de combat, léninistes, ancrés dans le monde du travail et les quartiers populaires ; bien au contraire, les deux objectifs s’épaulent, de même qu’à l’échelle mondiale et régionale, il n’y a pas opposition entre la mise en place de larges coalitions internationales pour la paix, le progrès et l’environnement, et l’impérieuse nécessité que renaisse à tout le moins un large Mouvement communiste international débarrassé à la fois de ses tentations opportunistes et de ses crispations sectaires, lesquelles se nourrissent d’ailleurs mutuellement.

Pas de contradiction non plus entre la solidarité de classe internationale avec les communistes et les syndicalistes de classe souvent persécutés à l’Est, y compris en Russie, et l’exigence pacifique élémentaire consistant à refuser qu’à nouveau, le grand peuple russe, qui fut l’artisan n°1 de la défaite hitlérienne, se trouve encerclé, menacé, amputé, « sanctionné » systématiquement par une politique euro-atlantique de plus en plus agressive. Celle-ci, après avoir annexé l’Europe de l’Est à l’UE/OTAN (pour le plus grand malheur du peuple français dont le pays est sapé en profondeur par la « construction » euro-germano-atlantique redoublée qui a résulté de ce basculement contre-révolutionnaire des rapports de forces européens) et une partie des Républiques soviétiques, voudrait désormais presser la Russie militairement sur ses flancs balte, polonais, ukrainien, caucasien, centre-asiatique... sans parler de la pression militaire sur Pyongyang qui vise très directement la Chine populaire et la Fédération de Russie, toutes deux limitrophes de la République populaire démocratique de Corée…

Pas de contradiction enfin à se réclamer de la lutte universaliste pour la démocratie populaire, le socialisme et le communisme, et à défendre le droit du peuple coréen à la réunification (sous le principe « Un Etat, deux systèmes sociaux », comme cela s’est fait pour Hong Kong) pacifique, ce qui implique le droit de la RDPC à l’autodéfense face à l’armée US nucléarisée et omniprésente au Sud, face également à un Japon qui brûle de liquider sa constitution pacifiste, de se doter de l’arme nucléaire et de ré-intervenir partout où ses intérêts impérialistes le lui dicteront. Pas de contradiction à défendre le « pluralisme » dont certains se réclament abstraitement contre le « totalitarisme », car à notre époque, le totalitarisme le plus dangereux – s’il est permis d’user de ce vocabulaire plutôt confus sur le plan conceptuel – est celui que les USA et leurs suiveurs veulent imposer au monde entier, sans espace politique de repli, et en mettant en place une pensée, une économie, une « culture », voire une langue unique mondiale « made in Wall Street », avec un asservissement mental sans précédent des individus suivis à la trace par le « Big Brother » atlantique et néolibéral. C’est d’autant plus vrai que de plus en plus, au prétendu « soft power » (« pouvoir doux ») néolibéral exercé sur les esprits par l’entremise de ses médias alignés, l’UE euro-atlantique ajoute le poing de fer en collaborant sans états d’âme avec des gouvernements cléricaux et fascisants (Varsovie, Pays baltes, Ukraine…), en réprimant les courageux partis communistes de l’Est (Pologne, Ukraine, Hongrie, Bulgarie, Tchéquie…), en ouvrant partout ses portes à une extrême droite nostalgique d’une « Europe blanche », pseudo-« chrétienne » et « forteresse » constituée en pendant et en rival de l’impérialisme US pour la domination sur les pays de l’Est et du Sud. Ne parlons pas de l’appui, souvent direct et grossier, que le prétendu Occident libéral n’a cessé, pour des raisons de classe mâtinées d’antisoviétisme et d’anticommunisme, d’apporter durant des décennies aux intégristes religieux à la Ben Laden qui ensanglantent périodiquement la planète et qui sont, à bien des égards, des sous-produits, voire des sous-traitants de l’impérialisme euro-atlantique.

 

Cela signifie qu’il faut en revenir au principe selon lequel, oui, « les barricades n’ont que deux côtés ». Lors des affrontements décisifs de la Révolution française, notamment durant l’An II de la République, en février et en juin 1848, pendant la Commune de Paris, lors de la Révolution d’Octobre, de Stalingrad, de la guerre de libération du Viêtnam, etc., et n’en déplaise aux petits bourgeois de droite et de gauche, il n’y a jamais eu « trois » camps, fût-ce le camp suprêmement bien-pensant des super-révolutionnaires qui comptent éternellement les points avant, puis qui pleurent les défaites et qui donnent ensuite des leçons rétrospectives : en effet, les situations politiques CONCRETES ne sont pas des situations de laboratoire. Elles ne présentent presque jamais un visage « pur » et défini où il y aurait d’un côté les « bons », 100% garantis sur facture, et de l’autre, les « méchants ». Du côté des exploiteurs aussi, il y a souvent des « idiots utiles » exaspérants qui, pour faire valoir leur « belle âme » et prendre la pose devant la « postérité », prêtent la main aux prédateurs, comme du côté des peuples on trouve aussi, presque toujours, des aventuriers, des pêcheurs en eaux troubles et des carriéristes dont il faut déjouer les manigances. Comme le disait Lénine à l’encontre des snobs politiques de toutes obédiences, « Quiconque attend une révolution sociale “pure” ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. (…) C’est s’imaginer qu’une armée prendra position en un lieu donné et dira “Nous sommes pour le socialisme”, et qu’une autre, en un autre lieu, dira “Nous sommes pour l’impérialisme”, et que ce sera alors la révolution sociale ! ».

 

Encore faut-il bien entendu comprendre dialectiquement l’idée que « les barricades n’ont que deux côtés ». Cet énoncé n’est pas un appel au manichéisme et à l’alignement aveugle. Non seulement sur le principe général : car – une fois que, et une fois que seulement, l’on a clairement choisi son camp, celui de l’anti-impérialisme conséquent – on peut et on doit, du côté de la « barricade » que l’on a choisi, et sans quêter des applaudissements de la part du camp d’en face, qu’il faut au contraire encore plus fustiger, faire entendre si besoin ses critiques constructives pour permettre au camp que l’on a élu de GAGNER, ce qui signifie toujours au final, combattre les « pêcheurs en eaux troubles », aider à mettre le peuple travailleur en position dirigeante au sein de l’alliance anti-impérialiste et au final, faire prévaloir le seul point de vue authentiquement universel : celui du communisme entendu comme lutte des classes pour une société sans oppression nationale ni exploitation de classe. Bref, il faut entendre l’avertissement de Politzer, le philosophe communiste que fusillèrent les Allemands : « l’esprit critique, l’indépendance intellectuelle ne consistent pas à céder à la réaction, mais à NE PAS lui céder » : c’est toute la différence entre le véritable doute méthodique conseillé par Descartes, qui est entièrement tourné contre le préjugé et orienté vers les lumières, et l’éternel scepticisme contre-révolutionnaire et finalement ténébreux de ceux qui restent constamment « le cul entre deux chaises », hésitant entre réaction et progrès, ténèbres et lumières, obscurantisme et recherche universelle du vrai, camp impérialiste et camp des résistances patriotiques et populaires !

Et cette souplesse dialectique est encore plus nécessaire quand il s’agit d’apporter un soutien militant, et parfois, « militaire », à tel gouvernement qui n’est pas, n’est pas encore, voire ne sera jamais, prolétarien, voire qui, par certains aspects, s’affaiblit parfois lui-même dans sa lutte contre l’impérialisme en tracassant le prolétariat et les communistes de son pays.  C’est ainsi que les communistes du PRCF n’ont jamais mégoté leur soutien indéfectible aux communistes vénézuéliens, aux marxistes du FPLP, à tous ceux qui ont maintes fois été tracassés par les pouvoirs en place, y compris par des pouvoirs inconséquemment patriotiques préférant parfois leur caractère bourgeois à l’efficacité du combat anti-impérialiste. L’idée que « les barricades n’ont que deux côtés » n’enjoint donc en rien un alignement aveugle « derrière » tel ou tel gouvernement, fût-il anti-impérialiste ou antifasciste. Il est inséparable de l’esprit critique guidé par le marxisme, de la solidarité de classe indéfectible avec les prolétaires et les communistes de chaque pays (Syrie, Irak, Ukraine, Russie, Iran, Yougoslavie...), pourvu naturellement que cet esprit critique ne soit pas une manière d’atténuer l’aspect principal des choses : l’ACTION SOLIDAIRE de classe et de masse pour combattre le fascisme, l’impérialisme et leurs créatures, pour défendre le progrès social, les libertés populaires, la paix mondiale, la souveraineté des nations. Ainsi Lénine et Rosa Luxemburg dialoguaient-ils, parfois de manière âpre et publique, tout en défendant tous deux Octobre rouge, le mouvement Spartakus et l’Internationale communiste alors en plein affrontement de classes international : mais ils étaient clairement et d’abord, « avant tout et malgré tout » comme disait Karl Liebknecht, DU MEME COTE de la barricade, et ils ne prêchaient pas plus une « critique sans soutien » qu’un soutien aveugle et acritique du moment qu’ensemble, sans mégoter, chacun appuyait sans retour les « rouges » et les anti-impérialistes du monde entier.

 

Face aux dangers, bien trop surestimés, qui menacent la paix mondiale, face à l’hésitation actuelle du mouvement populaire français à expliciter le lien entre la résistance sociale à l’euro-casse et les gaspillages insensés prévus par Macron pour liquider l’idée même de défense nationale et lui substituer une armée « eurotanienne » ciblant la Russie et dotée de la force nucléaire française, face aux tentatives pressantes, pour l’instant largement contenues et déjouées par les peuples, de « purger » le Venezuela bolivarien, de déstabiliser l’ALBA et d’isoler Cuba pour « reprendre en main » toute l’Amérique latine, face à l’entreprise visant à asphyxier la RDPC et à la détruire atomiquement si l’occasion se présente pour Trump au risque de provoquer la Chine et la Russie, face à l’acharnement euro-américain visant à encercler et à recoloniser définitivement la Russie et l’ex-espace « soviétique », à prendre en tenailles l’Iran, à écraser l’héroïque peuple palestinien, à « contenir » et à « refouler » de mille façons la République populaire chinoise, l’impérialisme est loin, fort loin, d’avoir partie gagnée, comme on le voit notamment en Syrie où l’entreprise impérialiste, pseudo-« démocratique », de dépeçage du pays à l’irakienne a été stoppée.

 

Dans ces conditions, le PRCF continuera, non seulement de choisir son camp, celui de l’émancipation nationale, culturelle et sociale de la France et de toute l’humanité, mais de pratiquer la solidarité de classe internationaliste en « tenant les deux bouts » de la devise de l’Internationale Communiste formulée par Engels et Marx, puis enrichie par Lénine, « Prolétaires de tous les pays, peuples opprimés du monde entier, unissez-vous ».

Pratiquement, nous appelons nos amis communistes, syndicalistes, patriotes progressistes, internationalistes, de France et d’ailleurs, à faire plus fort et plus unitaire sur les points suivants :

  • L’appel au retrait français de l’UE-OTAN, ce facteur majeur d’oppression, d’exploitation et de guerre en Europe et à l’Est de l’Europe
  • La condamnation des ingérences néocoloniales françaises en Afrique (Libye, Mali, Côte d’Ivoire, Centrafrique, Burkina Faso…) qui ne servent que les transnationales et qui desservent à la fois le peuple français et les peuples africains amis qui participent de l’espace francophone international
  • Le soutien beaucoup plus déterminé et UNI des progressistes, et d’abord de TOUS les communistes, aux camarades polonais, ukrainiens, baltes, tchèques, bulgares, hongrois, etc., persécutés par des pouvoir euro-fascisants qui ne criminalisent le communisme que pour mieux banaliser l’extrême droite
  • La défense de la paix, la promotion de la réunification nationale Nord-Sud, sans ingérence US, dans la Péninsule coréenne
  • Le refus de toute guerre, de toute tentative d’isolement, de toute forme de « sanctions », menaçant le grand peuple russe dont le Général De Gaulle disait loyalement en 1966 qu’il « a joué le rôle principal dans notre Libération »  à l’occasion de la seconde Guerre mondiale
  • Le refus de toutes les « sanctions » contre les peuples russe, iranien, nord-coréen, vénézuélien, l’imposition de sanctions internationales au gouvernement d’extrême droite israélien qui bafoue la légalité internationale, colonise arrogamment les territoires occupés et qui constitue un foyer permanent de guerre, de provocation et de crispation dans la région la plus dangereuse du monde ;
  • La levée immédiate du blocus contre Cuba socialiste, l’évacuation inconditionnelle de la base de Guantanamo par les tortionnaires mandatés du « régime » nord-américain, seule source permanente et structurelle d’atteinte aux droits de l’homme sur l’Ile de José Marti et de Fidel Castro.

 

Plus que jamais, faisons le lien entre cette action internationaliste conséquente et la stratégie nationale du PRCF, une stratégie qui marque et qui marquera de plus en plus de points auprès des vrais progressistes au fur et à mesure que se révèlera le vrai visage de l’UE/OTAN et de son dangereux petit proconsul macronien : la sortie de la France, par la voie progressiste, de l’euro, de l’UE, de l’OTAN dans la perspective révolutionnaire d’une rupture avec le capitalisme-impérialisme, dont la perpétuation au 21ème siècle devient un obstacle mortel au développement, voire à la survie, de la France, du progrès humain et de toute l’humanité.

Le 8 août 2017, Georges Gastaud et Antoine Manessis, pour le PRCF.

samedi 5 août 2017


NEYMAR NE DOIT PAS FAIRE OUBLIER LE CAC – 40 !

Par Floréal, PRCF – 3 août 2017.

Président de club de football, Ligue Rhône-Alpes, de 2008 à 2016, Laurent Nardi s’associe à ce texte

 

 

Le pactole colossal versé par le Qatar pour « acheter » Neymar (reconnaissons que dans le domaine du sport-spectacle, le langage esclavagiste du capital est totalement décomplexé !) vise surtout à permettre à la pétromonarchie suspecte de financer l’extrémisme religieux de se refaire une virginité internationale sous le masque du plus grand club « parisien ».

 

N’empêche : du point de vue socio-économique, l’ « achat » de Neymar et le « salaire » énorme qui va lui être versé, sans compter les retombées des produits dérivés, est une vraie gifle pour les cinq millions de chômeurs, pour les millions de précaires, pour les « travailleurs pauvres » et pour les dix millions d’individus qui vivent en France sous le seuil de pauvreté. Surtout quand de surcroît, le gouvernement euro-macronien ne sait plus quoi faire pour raboter les acquis sociaux, bloquer les salaires, détruire les services publics, diminuer les pensions et complaire au MEDEF…

 

Cela dit, disons tout net que la dénonciation médiatique unilatérale de Neymar et des très hauts revenus pseudo-salariaux dans le domaine du sport ne saurait être notre « tasse de thé ». Quand les actionnaires du CAC-40 en arrivent à ne plus payer d’impôts en France alors qu’ils se gavent de privatisations, de cadeaux fiscaux, de sous-traitance esclavagiste et de délocalisations ravageuses, quand Carlos Ghone détourne à son profit une part non négligeable de la plus-value produite à grand peine par les ouvriers de Renault, quand les 280 000 foyers français les plus riches se gaveront cette année (en moyenne) de 15 000 euros de cadeaux fiscaux nouveaux offerts par Macron alors que les étudiants titulaires d’APL verront raboter leur maigre allocation, la question centrale en France reste bien celle du rapport capital/travail en général : en clair, celle de l’exploitation, voire de la surexploitation capitaliste des ouvriers, des employés, des techniciens, des cadres moyens, des ingénieurs, des petits et moyens fonctionnaires, des chercheurs, mais aussi celle des paysans, des artisans, des travailleurs « ubérisés », des prétendus « auto-entrepreneurs » et de tous ceux qui mesurent encore mal à quel point leur sort réel les rattache au monde prolétarien…

 

L’indigne marchandisation des sportifs, avec toutes les dérives qui sont à l’arrière-plan sur le plan biomédical et pharmaceutique (avons-nous déjà oublié Armstrong et croyons-nous une seconde que le foot soit plus propre que le cyclisme ?) doit donc être comprise sous cet angle : non pas comme un moyen de couper court à la mise en accusation de l’aberrant et suicidaire mode de production capitaliste, mais comme un symptôme supplémentaire de l’insulte permanente à la dignité humaine que représente à notre époque ce système grossièrement prédateur où l’on vend de l’homme comme on vend des gadgets ou des clés de douze !

 

On peut évidemment comprendre l’attachement de millions de gens à « leur » club, qui reste parfois le seul ancrage visible pour leur identité collective mise à mal : quand le capital broie les hommes, les langues nationales, les pays, la mémoire des luttes, la conscience de classe – souvent avec la complicité honteuse d’organisations qui sont censées les promouvoir ! – faut-il s’étonner que certains concitoyens en arrivent à ne plus se vivre en « nous » qu’à travers le « maillot » d’un club professionnel… Alors même que ni les joueurs, ni l’entraîneur (pardon : le « coach »), ni les capitaux ne sont du crû et qu’en conséquence, investir ledit club d’une fonction de porte-drapeau identitaire et « local » est une pure fiction. Qu’est-ce au final que le PSG a de « parisien », l’OL de « lyonnais », l’OM de « marseillais », si ce n’est – et encore ? – leurs tiroirs-caisses respectifs ? Ainsi va l’ « identité » par gros temps néolibéral…

 

Mais ce n’est pas ces millions de supporteurs, au comportement la plupart du temps très « bon enfant », qu’il faut accabler de mépris alors que, avouons-le, bien des intellectuels qui méprisent le foot, ont leur armoire « identitaire » pleine d’idoles (européistes, bellicistes, anticommunistes, antimarxistes, techno-maniaques…) qui sont souvent bien plus dangereuses pour la paix et pour la planète !

 

Et si on convertissait toute l’énergie négative que les médias veulent nous faire déverser sur Neymar, en énergie positive et revendicative pour que l’EPS, parente pauvre de la contre-réforme du collège, dispose à nouveau de la considération et des moyens nécessaires pour favoriser l’accès de millions de jeunes à des formations physiques et sportives de qualité, effectuées dans un esprit d’ouverture aux autres, de refus du chauvinisme et de lien structurant avec toutes les autres disciplines qui forment la culture humaine « en marche » ?

samedi 17 juin 2017


Déjà l'année dernière, l'ambassadeur avait été saisi pour dénoncer les poursuites injustifiées à l'encontre de militants communistes. Aujourd'hui c'est la mémoire communiste qui est attaquée

Monsieur l’Ambassadeur,                                  13 juin 2017

 

Nous apprenons avec indignation l'intention de certaines autorités polonaises de débaptiser un espace public polonais du nom de deux héros antifascistes et patriotes, nos camarades et frères de combat, héros de la

résistance française et honneur de la Pologne pendant la longue nuit de l’occupation- le syndicaliste Thomas Rabiega et le résistant Bronislaw Kania - sous le scandaleux prétexte qu'ils étaient communistes.

 

Le pouvoir polonais actuel se déshonore en ayant simplement eu l'intention d'un tel geste qui est une insulte anti-patriotique vis à vis de tous les Polonais mais aussi une insulte vis à vis du peuple français car ces deux noms symbolisent l'amitié de combat de nos deux peuples contre le fascisme et pour une société plus juste.

 

Comment peut-on brandir le drapeau du pluralisme et de l’ anti-totalitarisme en pratiquant ainsi l’atteinte la plus grossière, frisant le négationnisme, contre le pluralisme idéologique et la liberté d’opinion ?

 

Nous, communistes de France, fiers de nos combats pour les libertés démocratiques, pour l’indépendance de la France et de la Pologne, pour l’amitié franco-polonaise et pour la solidarité internationaliste, soutenons l’exigence de nombreux Polonais pour que ces noms continuent à s'inscrire sur les murs de Pologne car ils sont l'honneur de votre pays.

 

Pour le Pôle de Renaissance Communiste en France,

Léon Landini, ancien officier des FTP-MOI, titulaire de la Médaille de la Résistance, officier de la Légion d'honneur et Grand mutilé de guerre, président du PRCF,

 

Pierre Pranchère, ancien Résistant des FTPF, ancien député, président de la Commission internationale du PRCF, vice-président du PRCF,

 

Antoine Manessis, secrétaire de la Commission internationale, fils de Résistants.

 

Auxquels se joint Georges Gastaud, philosophe, secrétaire national du PRCF, fils de Raymond Gastaud, Combattant FFI, « American Cross Legion », décoré par la République Populaire de Pologne pour avoir contribué à l’évasion d’aviateurs polonais recrutés de force dans la Wehrmacht.

dimanche 5 mars 2017


Il est évident que ce texte est long, mais la situation politique de notre pays impose des explications complètes!
Pour se faire une vraie opinion, il est utile de le lire jusqu'au bout!

Déclaration du secrétariat national du
Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)sur l’évolution de la situation électorale et politique en France

Paris, le 3 mars 2017

 

A quelques semaines du 1er tour des présidentielles, la situation sociopolitique est dangereuse, et potentiellement explosive. Mais elle est également très ouverte si les vrais communistes s’adressent ensemble, indépendamment de la direction du PCF-PGE, à la classe ouvrière, à la jeunesse et aux progressistes de notre pays.

 

1°) La situation politique est à haut risque : en effet, face à la montée des « affaires » et aux incessantes manipulations médiatiques de l’oligarchie politico-financière, le vote FN continue de grimper et l’hypothèse d’une victoire de M. Le Pen n’est plus exclue, d’autant que 50 % des électeurs disent n’avoir pas encore fait leur choix. La possible implosion en plein vol de la candidature Fillon, le cupide Tartuffe thatchérien qui veut dépouiller les travailleurs au profit des super-nantis, a certes l’avantage de révéler crûment la cupidité et l’égoïsme de classe qui se cachent derrière le programme pseudo-vertueux des « LR ». Mais en même temps, la déconfiture méritée de Fillon nourrit l’intense ressentiment antidémocratique et antirépublicain d’un électorat néo-versaillais que peuvent séduire les discours fascisants de M. Le Pen contre les fonctionnaires, contre la justice, sans oublier l’appui aveugle qu’apportent à la fois le FN et les LR aux exactions racistes de certains policiers.

En outre, la promotion médiatique éhontée de Macron, le candidat de la haute finance et de l’ubérisation galopante (casse planifiée de la Sécu, des retraites, de la fonction publique, de l’Education nationale, de la notion même de territoire national, de la langue française sacrifiée au tout-en-anglais, de l’idée de culture nationale…), le candidat « charismatique » dont le financement est gravement opaque, l’homme-lige de Rothschild qui prétend – comme l’ont toujours fait les idéologues fascisants – « dépasser les partis et le clivage droite-gauche », l’homme qui prétend obliger « ses » futurs députés au vote bloqué sur toutes ses contre-réformes à venir, ouvre la voie tout à la fois à l’euro-dissolution accélérée de la France (course à l’Europe fédérale, renforcement de la « défense européenne » et du financement français de l’OTAN, menaces guerrières accrues contre le peuple russe…) et à une libéral-fascisation non moins violente que celle dont Fillon était porteur, sans parler de la « France en ordre » (sic) dont rêve Marine Le Pen sur un mode carrément fasciste. En réalité, l’élection planifiée d’un Macron n’ouvrirait pas seulement une nouvelle étape de la casse nationale et sociale : par son caractère grossièrement atlantique et antinational, elle donnerait de nouvelles armes au FN pour se présenter mensongèrement comme un recours patriotique ultime pour les classes populaires paupérisées et humiliées.

Ajoutons à cela que Hamon, la voiture-balai du PS plus dépendant que jamais de l’UE et des caciques      « hollandiens » (les listes PS aux législatives intègreront Valls, El Khomri, Le Guen, Le Drian et Cie…) est le contraire du nouveau Jaurès qu’il feint d’incarner. En réalité, son prétendu « revenu universel de base » au rabais financé sur le dos des salariés « habille » « de gauche » l’abandon de la revendication historique du mouvement ouvrier : le droit pour tous à un vrai travail épanouissant et débarrassé de l’exploitation capitaliste. En outre, Hamon, comme Fillon et Macron, pense toute sa politique « progressiste » dans le cadre du renforcement de l’Europe supranationale (« Parlement de la zone euro »), de la « défense » européenne (en clair, de la remise à Berlin sur un plateau de l’arme nucléaire française), de la continuité de la politique néocoloniale de la France en Afrique et au Proche-Orient et de la confrontation hyper-dangereuse avec la Russie. Bref, Hamon est objectivement un candidat social-maastrichtien et social-impérialiste, c’est-à-dire « social » en paroles, maastrichtien et impérialiste en pratique !

 

Même s’il est heureux qu’Air-France, EDF, la CGT-SEITA et les hospitaliers engagent l’action sans attendre les présidentielles, il est dommageable que face à la droitisation forcenée de la vie politique nationale, les confédérations syndicales qui ont mené la lutte contre la Loi Travail restent aujourd’hui l’arme au pied, du moins au niveau national, interprofessionnel et inter-confédéral : alors que les Fillon et autres Macron multiplient les menaces contre les acquis des travailleurs du public et du privé, contre les chômeurs et contre les retraités, c’est sans attendre les « ordonnances » antisociales d’une brutalité inouïe qui peuvent frapper dès juin 2017 qu’il faut construire la convergence des luttes pour l’emploi, le « produire en France », les salaires, la protection sociale, les services publics, le logement, les libertés syndicales qu’étranglent les quelque 2000 procès intentés à de courageux militants CGT et SUD.

Enfin, le PRCF exprime à nouveau son dégoût de la manière dont certains dirigeants du PCF-PGE discréditent le beau nom de communiste en maniant un double langage politicien. D’un côté, ils disent soutenir la candidature Mélenchon qu’ont majoritairement investie des adhérents du PCF. Mais dans la réalité ces dirigeants de l’appareil ou du groupe parlementaire PCF multiplient les « forums », les tracts et les pétitions pseudo-            « unitaires » qui visent à aider Hamon à rabattre sur la candidature PS, à favoriser soit l’effacement de Mélenchon (qui tout en acceptant de rencontrer Hamon a marqué sa différence avec lui sur l’Europe), soit à édulcorer cette candidature « insoumise » en gommant ses aspects les plus « eurosceptiques ». Comme s’il n’y avait pas un camp de la paix, dans lequel se trouvent potentiellement tous ceux qui veulent sortir la France de l’OTAN (et dont fait objectivement partie la « France insoumise ») et un camp de la guerre, dont font partie tous les ex-ministres de Hollande. Comme si une « politique progressiste » était possible dans le cadre d’une UE-OTAN configurée pour détruire les souverainetés nationales, les salaires et les acquis, pour passer toutes les langues et cultures nationales d’Europe au broyeur de l’anglo-américanisation et de l’ « ordo-libéralisme » allemand au risque assumé de paver la voie de l’extrême droite sur tout notre sous-continent ! Plus que jamais, les vrais communistes se doivent donc de dénoncer les manigances croisées du PS et du PCF-PGE pour torpiller l’espace politique progressiste « insoumis » dont les luttes futures auront un besoin proprement vital. Alors que montent le FN, le ressentiment vengeur de la droite néo-versaillaise et la candidature germano- et américano-formatée du « Young Leader » affiché Macron, l’urgence n’est certainement pas d’aider le PS et les faux dirigeants communistes du PCF-PGE à fermer la brèche que peut ouvrir la candidature Mélenchon dans le dispositif électoral de la grande bourgeoisie, si inconséquente que soit cette candidature dans plusieurs domaines !

 

En tant que marxistes, les communistes se doivent d’éclairer l’arrière-plan de classe et géopolitique de cette présidentielle française atypique. Dans le monde entier, des USA  aux Pays-Bas, les oligarchies capitalistes veulent prendre les peuples en étau entre des forces ouvertement réactionnaires (Trump aux USA, Le Pen et Fillon chez nous) et des forces euro-atlantiques grossièrement néolibérales et pseudo-« progressistes » (Clinton ou Obama aux USA, Macron-Hamon chez nous, etc.). Le but de cette tenaille politique internationale et nationale est de forclore l’émergence d’alternatives populaires, patriotiques, antifascistes et écologiques permettant aux travailleurs d’engager sur des bases larges la rupture révolutionnaire avec le capitalisme. Les militants franchement communistes, les syndicalistes de classe et les vrais patriotes progressistes se doivent donc de briser cet étau mortel qui conduit par diverses voies la France, l’Europe et le monde vers la régression, la fascisation et la mondialisation des guerres. Et pour cela, plus que jamais, le PRCF appelle les travailleurs et le peuple français à lutter sous les deux drapeaux conjoints de la Révolution française et de la Révolution d’Octobre pour le progrès social, l’indépendance nationale, la démocratie, la paix et le socialisme : de même qu’à l’échelle internationale, il est plus qu’urgent d’associer, contre l’impérialisme et ses créatures barbares, les luttes révolutionnaires pour le socialisme au combat pour le droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes !

 

2°) la situation politique est également très ouverte si les vrais communistes font l’effort urgent de s’adresser ensemble à la classe ouvrière, à la jeunesse populaire et au monde du travail :

- non l’heure n’est pas à bouder la candidature Mélenchon en court-circuitant cette présidentielle à haut risque, en « attendant les législatives » et en faisant comme si ces dernières n’allaient pas être marquées au fer rouge par les positionnements présidentiels antérieurs. Il faut se saisir de la candidature Mélenchon, sans l’idéaliser, sans se fondre en elle, avec esprit critique sur tous les sujets qui le méritent (ampleur des nationalisations, netteté et rapidité de l’euro-rupture progressiste, défense résolue d’EDF nationalisé…), mais sans mépriser cet outil politique, sans mégoter ni ergoter sans fin, sans attendre passivement, voire en comptant les points, que cette candidature soumise à rude épreuve soit dévitalisée par l’effort conjugué des appareils euro-formatés du PS et du PCF-PGE. C’est pourquoi d’ailleurs le 18 mars, les militants du PRCF seront à Paris pour agir et dialoguer fraternellement avec les « insoumis », communistes et non communistes, venus de toute la France. En outre, les militants du PRCF appelleront aussi à :

- prendre appui sur l’appel de Mélenchon à rompre sur-le-champ avec l’OTAN et à engager sans retard l’action populaire sur ce thème !

- affirmer et réaffirmer, même si certains naïfs penseront que c’est là un appel prématuré, que le peuple français ne fera pas la guerre au peuple russe qui « a joué le rôle principal dans notre Libération », comme l’a reconnu de Gaulle à Moscou en 1966 ;

- montrer le lien entre l’euro-austérité salariale et les politiques de guerre impérialistes au Mali, en Syrie, en Libye, etc., ainsi qu’avec la nouvelle course aux armements de l’OTAN voulue à la fois par Obama, Trump et Clinton !

- rebondir sur la formule de J.-L. M. : « l’UE, on la change ou on la quitte ! » en expliquant que l’UE, qui se déclare d’ailleurs le « partenaire stratégique de l’OTAN », est irréformable. Ne pas en sortir sans retard, ce serait risquer d’ « y rester » rapidement !

- briser l’opération « Macr’/Hamon » et déclarer dès maintenant tous ensemble que, tout en « mettant le paquet » pour arracher prioritairement les ouvriers au vote Le Pen au 1er comme au second tour des présidentielles et des législatives, nous n’accepterons pas au second tour de rabattre sur un ex-ministre de Hollande sous prétexte de faire « barrage antifasciste »… Alors que ce sont les politiques euro-dictatoriales du PS et des LR qui n’ont cessé, ne cessent et ne cesseront de porter le vote frontiste jusqu’à l’incandescence !

- quelle que soit nos positionnements respectifs de communistes à propos de Mélenchon, il serait indigne de véritables communistes de « rester hors du coup » et d’abandonner la classe ouvrière au repli ou au FN. Au contraire, adressons-nous ensemble aux travailleurs devant les usines, les grandes surfaces, les services publics, Pôle emploi, dans les quartiers HLM, etc. Déjà le PRCF montre l’exemple en diffusant ses affiches, ses autocollants et ses 110 000 tracts-programmes aux travailleurs (Paris et RP, Marseille, Toulouse, Albi, Lens, Lille, Douai, Boulogne, Tulle, Bordeaux, Grenoble, Carros, Menton, Montpellier, Apt, Tonnerre, Lyon, Brest, St-Brieuc, St-Pierre des Corps, Condom, Tarbes, St-Claude, Strasbourg, etc.). Pourquoi ne pas aller ensemble aux usines, camarades communistes membres ou non-membres du PCF, sur la base d’un programme communiste commun de FR.exit Antifasciste et anti-impérialiste, Populaire, progressiste, Patriotique et Ecologique (Fr.APPE!), de nationalisations démocratiques et de coopération internationale ? Non pour ajourner notre objectif final affiché, le socialisme pour la France, au nom d’on ne sait quelle « étape de démocratie avancée » ressortie des greniers pour servir d’épouvantail « réformiste », mais pour donner à la marche révolutionnaire au socialisme, c’est-à-dire au pouvoir des travailleurs et à la socialisation des moyens de production et d’échange, une solide assise pratique, populaire et potentiellement majoritaire dans notre pays !

- enfin ne laissons pas « tranquilles » les Macron et autre Hamon sur les questions « sociétales » :

- oui, le socialisme – qui a existé et qui existe encore partiellement dans le sillage des révolutions russe, chinoise, vietnamienne, cubaine, etc. – permettait et permettra encore plus à l’avenir de donner à chacun un travail digne et épanouissant.

- non la « macro-ubérisation », c’est-à-dire l’ultra-précarité pour tous, n’est pas l’avenir de la société.

- non, l’uniformisation totalitaire du monde, avec le Business-Globish « transatlantique » effaçant les langues et les cultures nationales, non l’anticommunisme obsédant dans les médias et à l’école, non la concurrence effrénée de tous contre tous, non l’« auto-entreprenariat » généralisé privant les jeunes du droit de faire vivre décemment leur famille (cf la grève des VTC !), non le dévoiement de la science par les fossoyeurs impérialistes de la paix, des Lumières et de l’environnement, ne sont pas l’avenir humain et solidaire auquel aspirent la jeunesse et le monde du travail !

 

En ce 100ème anniversaire de la grande Révolution prolétarienne d’Octobre 1917, face à la marche à la guerre impérialiste, à l’anticommunisme d’Etat, au racisme hideux, à l’intégrisme assassin, à la fascisation de l’Etat, face à Le Pen/Trump, à Fillon-Thatcher, à Macron-Uber, redisons ENSEMBLE avec Georges Dimitrov, l’ultime secrétaire de l’Internationale communiste, que « les contre-révolutions sont des parenthèses de l’histoire, l’avenir appartient aux révolutionnaires ». C’est-à-dire aux militants franchement communistes, aux syndicalistes de classe et aux citoyens et citoyennes franchement progressistes si, sans plus tarder, ils s’adressent d’une seule voix à la CLASSE OUVRIERE.

samedi 4 février 2017


Plutôt Paris sans les J.O.

que les J.O. à Paris sans,

et contre, la langue française !

 

Communiqué unitaire d’associations de défense de la langue française. Le 3 février 2017.

 

Scandalisées par l’annonce d’un slogan en anglais pour « vendre » au C.I.O. les J.O. de Paris, les associations de défense de la langue françaises avaient protesté ensemble auprès du Comité pour les J.O. de Paris. Une rencontre était prévue début mars pour engager le dialogue. Or c’est ce soir qu’un slogan en anglais a été officialisé au mépris, non seulement des associations concernées, mais de l’article II de la Constitution, de la charte des J.O. (dont la langue officielle est le français !) et de la loi du 4 août 1994 (art. 2) qui dispose que « ... la langue française est obligatoire pour toute publicité, écrite, parlée ou audiovisuelle... »

 

Quant à l’argument du comité Paris/J.O. selon lequel il faudrait désormais parler anglais « pour se faire entendre de tous », c’est le même que celui que vient d’employer M. Macron quand, parlant dans le cadre d’une campagne électorale française, il est allé discourir en anglais à Berlin, humiliant ainsi notre langue à l’international, sans respect aussi pour la langue allemande. Si désormais chacun procède ainsi dans son champ de compétence, c’en est fait de notre langue, déjà assaillie en tous domaines (enseignes, publicité, chanson, cinéma, recherche…) au profit du tout-anglais.

 

Nous exigeons que les autorités de l’Etat, chargées de faire respecter la langue nationale, qui se trouve être aussi la langue de la Francophonie internationale et la langue officielle des J.O. depuis P. de Coubertin, rappellent à l’ordre le comité pout les J.O. à Paris. Paris sans la langue française, c’est un couteau sans manche dont on a jeté la lame !

 

Nous interpellons les candidats à la présidentielle. Lesquels d’entre vous briseront la forclusion du débat sur la langue qui pèse sur les médias ?

 

L’universalité de l’olympisme n’a que faire d’une pseudo-langue unique mondiale, ce Business Globish totalitaire qui insulte à la fois la langue de Molière et la biodiversité culturelle indispensable à l’humanité. Si les communicants de Paris/J.O. sont vraiment à court de vocabulaire, qu’ils sachent que les mots « amour » et « sport », mot anglais francisé mais dont l’étymologie est française, sont compris partout ! L’affairisme et l’argent-roi ne doivent pas prévaloir sur la dignité de Paris, de la France et de la Francophonie !

 

Si le slogan en anglais insultant pour Paris, la France et la Francophonie était maintenu, nous appellerions les citoyens à le contrer par tous les moyens démocratiques possibles pour que le peuple français et tous les francophones aient un destin en français.

 

N'ayons pas un esprit de vaincus ou de colonisés, refusons ce diktat en appliquant la devise de olympique « plus vite, plus haut, plus courageusement ».

 

 

Léon Landini et Georges Gastaud, présidents de CO.U.R.R.I.E.L. (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistiques, 07 61 05 99 21), Marc Favre d’Echallens, président de Droit de comprendre, Albert Salon, président d’Avenir de la Langue française, Philippe de Saint-Robert, président de l’ASSELAF, Régis Ravat, président de l’AFRAV, Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain.

jeudi 19 janvier 2017


Répression anti-CGT au musée du Louvre à LENS :

Miryam, secrétaire du syndicat, licenciée !

 

Publié le 18 janvier 2017 par Front Syndical de Classe (FSC)

 

Ce qui se passe à LENS en lien avec de nombreux autres cas illustre l'ampleur de la répression anti-syndicale et anti-CGT en particulier.

Ce que ce pouvoir souhaite, ce que la classe dominante  souhaite dans le monde du travail ce sont des organisations couchées à l'instar d'une CFDT cajolée et dont l'inclination au "dialogue" est tant vantée! Sans quoi c'est le bâton!

 

La riposte doit donc être à la mesure de l'enjeu : des militants défendant leur dignité et leur droit à une action indépendante, des travailleurs pouvant compter sur un syndicalisme de lutte sans compromission!

 

La direction du Louvre Lens vient de décider de ne pas renouveler le contrat de deux médiatrices dont celui de Miryam la secrétaire du syndicat CGT, élue au CT et mandatée au CHSCT.

Après 4 années d'efforts, d'investissement sans compter, voilà comment les personnels sont remerciés.

Ce non-renouvellement est aussi l'occasion pour la nouvelle direction de se séparer d'une responsable syndicale CGT qui depuis 2013 dénonce sans relâche la dégradation des conditions de travail. Le syndicat CGT a remporté aux élections de 2014 tous les sièges au Comité technique (CT), il est aujourd'hui le seul syndicat présent au Louvre Lens.

 

Par ailleurs, deux éléments sont à noter : Miryam a une compétence et des missions particulières, elle est la référente pour les publics handicapés, sa collègue est référente des publics troisième âge. Cela veut dire que ces publics seront moins accueillis et que les relations créées depuis 4 ans (avec les EHPAD notamment) sont balayées d'un revers de main par cette décision inique.

Par voie de conséquence, la direction avec deux médiatrices en moins envisage de réorganiser les plannings de l'équipe des médiateurs ce qui va entraîner inévitablement une dégradation des conditions de travail pour les personnels et pour l'accueil des publics. Déjà depuis quelques mois, la plage d'accueil des scolaires de 9h à 10h a été supprimée ce qui ne permet pas à toutes nos écoles de visiter le musée alors que c'est un des axes importants de son projet culturel et scientifique.

Une telle situation est inacceptable.

 

La CSD CGT des services publics du Pas-de-Calais a donc décidé d'organiser la riposte :

en rédigeant un communiqué de presse

en proposant aux syndicats d'adresser à la direction une motion dénonçant la situation et apportant leur soutien

d'interpeller les élus de la région

d'appeler à un rassemblement

le jeudi 19 janvier à 17h45 au Louvre (rue Paul-Bert)

jour où le Président du Louvre doit tenir une conférence sur l'exposition "patrimoine"

 

L'heure est à l'action et au soutien pour Miryam.

lundi 28 novembre 2016


PROTÉGER ET ÉLARGIR UN ESPACE POLITIQUE ET SOCIAL FRANCHEMENT PROGRESSISTE
 
Déclaration commune à l’occasion des présidentielles et législatives du
•Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)
• Coordination Communiste (CC59/62 – RCC)
•Cercle Communiste d’Alsace (RCC)
•Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest
•Cercle Henri Barbusse (RCC)
•Réveil communiste
PROTÉGER ET ÉLARGIR UN ESPACE POLITIQUE ET SOCIAL FRANCHEMENT PROGRESSISTE
Même s’il est clair que la lutte anti-impérialiste, la résistance à l’offensive antisociale et le travail de reconstruction communiste conservent leur primat politique en toutes circonstances, les militants communistes et le mouvement ouvrier ne peuvent regarder avec indifférence les élections présidentielles et législatives qui, tous les cinq ans, re-déploient le rapport des forces entre les classes sociales dans notre pays. Et c’est encore plus vrai dans une situation où le FN et la droite versaillaise la plus ultra, celle qu’incarne Fillon, abordent l’élection présidentielle de manière extrêmement agressive.
 
 1 – La « France insoumise » et nous.
Les analyses respectives du PRCF et de la Coordination Communiste C59/62 (RCC) ont conduit nos deux organisations à constater que, dans les conditions actuelles, et malgré les insuffisances objectives de  la « France insoumise », la candidature Mélenchon pouvait être un point d’appui appréciable pour préserver et élargir l’espace politique indispensable au mouvement social, pour faire face à la fois d’une manière crédible au FN fascisant, au parti LR thatchérien et au PS maastrichtien et esquisser avec des centaines de milliers de citoyens mobilisés les prémisses du Front antifasciste, antilibéral, patriotique, populaire et écologique qui est indispensable pour résister à l’offensive du MEDEF, contrer la fascisation galopante et l’État policier, sortir la France de l’euro et de l’UE/OTAN, relancer la dynamique populaire indispensable pour que soit reposée sur des bases larges la question du socialisme pour la France.
Bien entendu, cela ne signifie en rien que nous, militants communistes 100% anti-UE qui voulons clairement reconstruire un Parti communiste en France, nous entendrions nous rallier à ou nous dissoudre dans un « mouvement » : pour nous la construction du front populaire antimonopoliste et antifasciste nécessite plus que jamais l’intervention unie et convergente des vrais communistes, jusques et y compris la reconstruction du vrai parti communiste français aujourd’hui dénaturé par des décennies de mutation révisionniste social-démocrate. Il n’y a pas opposition en effet, mais au contraire interaction dynamique, entre la reconstruction du parti, l’engagement communiste dans les luttes sociales et l’intervention ici et maintenant pour construire le front populaire antimonopoliste et antifasciste avec les militants progressistes, républicains, les syndicalistes de lutte, etc. qui s’engagent dans, autour, avec la « France insoumise », y compris des milliers de communistes las d’attendre que le PCF officiel, désormais confondu avec le Parti de la Gauche Européenne, adopte une position claire, indépendante du Parti socialiste au lieu de « lire » la conjoncture politique à partir d’une grille purement politicienne dictée de A à Z par des questions d’appareil et de places. La rupture avec le PS est la question posée et à résoudre.
Cela n’interdit nullement, bien au contraire, d’exprimer nos positions indépendantes, critiques et constructives tout à la fois, pour que la dynamique autour de la candidature Mélenchon, qui est aujourd’hui centrée plutôt sur la partie progressiste et résistante des classes moyennes, opère une critique beaucoup plus franche et centrale de la funeste « construction » européenne. La formule de JLM « l’UE, on la change ou on la quitte ! », marque en effet une avancée intéressante dans l’idée d’une rupture franche avec l’UE puis, implicitement, elle pose enfin la question, d’un « FREXIT » progressiste ouvrant la voie à un affrontement de classes et de masse avec l’oligarchie dans les directions conjointes de l’indépendance nationale, des nationalisations démocratiques, du progrès social, de la coopération internationale et, in fine, de la rupture révolutionnaire avec le grand capital et son système. En même temps, cette formule « reste au milieu du gué » en laissant entendre qu’une « négociation » pourrait arracher à l’impérialisme allemand des concessions permettant à la France de demeurer dans l’UE, alors que  l’UE-OTAN a été conçue pour détruire les acquis sociaux, menacer la paix derrière l’impérialisme US, écraser les souverainetés nationales, dominer l’Europe de l’Est et du Sud, recycler l’impérialisme allemand, maintenir la domination néocoloniale sur l’Afrique, imposer un modèle culturel et sociolinguistique régressif aux peuples d’Europe et du monde.
 
Face à cette contradiction de classe que comporte la formule « en mouvement » de JLM sur l’UE, deux attitudes sont possibles :  soit considérer statiquement qu’il s’agit d’un point d’arrivée et, dans cette hypothèse, soit rallier les conceptions « alter-européistes » de la petite bourgeoisie et rallier le réformisme, soit considérer qu’il s’agit d’un point d’appui à développer et à travailler pour que, expérience de l’UE et explications des communistes aidant, une majorité d’insoumis deviennent à 100% insoumis à l’UE et comprennent qu’il n’y a rien à négocier avec l’UE, que la souveraineté des peuples ne se négocie pas et que la sortie unilatérale de l’UE-OTAN est la condition incontournable du changement progressiste en France.
De même, les communistes ne doivent-il ni adhérer passivement à la « révolution citoyenne et pacifique » que propose JLM, ni la refuser avec dédain, mais expliquer patiemment que la conquête d’une véritable démocratie populaire passe par l’expropriation complète du capital, par le pouvoir du peuple, en un mot par la révolution socialiste dans laquelle la classe ouvrière et son parti reconstruit joueront un rôle central et moteur. Et dire cela ne serait pas « plomber » ou « gêner » le regroupement des « insoumis », mais bien au contraire leur permettre, en ouvrant en grand le débat sur le Frexit progressiste et sur le socialisme, d’intéresser enfin des millions d’ouvriers et d’employés qui se détournent des élections ou qui lorgnent du côté du FN parce qu’ils se laissent prendre à sa fausse radicalité patriotique et sociale.
 
 2 – La « candidature communiste » et nous.
Nous, communistes, le plus souvent issus du PCF, mais organisés hors de ses structures, savons ce que nous devons à ce parti et son histoire, et ne souhaitons en rien « accélérer » la disparition du PCF en soutenant JLM. C’est au contraire une candidature PCF séparée et inaudible pour les larges masses, qui accélérerait ce processus, autant par l’image de ce parti qui a animé tant de fronts victorieux sans sectarisme que suite aux résultats qu’il obtiendrait au soir du premier tour.
Un front est toujours par définition hétéroclite, et il ne peut qu’évoluer d’une façon ou d’une autre, selon que le peuple y trouve sa place ou non. Seule l’action organisée et collective des communistes peut l’orienter dans un sens révolutionnaire, pourvu que leur poids politique soit suffisant et que leur analyse soit juste et lisible. Et parlant de communistes militant aux côtés de la « France insoumise », nous n’avons nullement à l’esprit Pierre Laurent ou M.-G. Buffet, dont il faut précisément contrer l’influence délétère sur ce rassemblement politique, mais tous les militants de terrain, y compris des structures de base du PCF, qui ont déjà rejoint ce front ou qui sont en passe de le rejoindre, et auxquels précisément, il faut fournir des éléments d’orientation proprement communiste.
Ainsi la question de l’identité communiste (centrale pour nous comme pour certains camarades du PCF attachés au marxisme), ne peut être instrumentalisée par une direction nationale social-démocrate en fonction de questions de places qui sont totalement déconnectées des revendications immédiates des travailleurs et de la nécessité de tout tenter pour conjurer le second tour cauchemardesque qui s’annonce entre Le Pen et Fillon. S’opposer à une direction sociale-démocrate, fut-elle celle du PCF, au moyen du soutien au front d’abord anti-PS que constitue la France Insoumise, ce n’est pas être « anticommuniste », au contraire, c’est faire échec à l’anticommunisme qui monterait en flèche si les communistes se présentaient dans ces élections comme uniquement soucieux de l’avenir d’un appareil discrédité plutôt que de l’avenir même de la classe ouvrière et de la nation. Et la réduction du débat à une superficielle concurrence entre « communistes du PCF » et « sociaux-démocrates de la France Insoumise » ne peut que nuire à la clarté de cette évidence: dans les rapports de forces actuels et prévisibles, aucun autre candidat que JLM ne peut espérer dépasser et frapper plus fort le PS sur sa gauche.
Cela étant, la direction du PCF-PGE s’est prononcée – de manière extrêmement ambiguë d’ailleurs – pour une « candidature communiste ». Nous pourrions apprécier cette orientation d’apparence identitaire si elle s’enracinait dans un vrai programme communiste comportant notamment la rupture totale avec l’UE et remettant en discussion la question du socialisme pour la France. Mais pour le moment, ce n’est pas du tout vers cela qu’on s’oriente : l’annonce d’une candidature ou d’une pré-candidature provisoire du PCF n’est absolument pas claire sur le contenu et André Chassaigne, dont le nom est souvent cité à ce sujet, a d’emblée prévenu qu’il ne se présenterait pas dans l’esprit de défendre l’identité communiste, encore moins de rompre avec l’UE, ni même, comme fait au moins JLM, de poser la question d’un possible « Frexit » progressiste, mais pour « rassembler la gauche », y compris les socialistes et les euros-écologistes. C’est si vrai que la commission économique du PCF vient de faire une critique de droite du programme de la « France insoumise » en lui reprochant de se référer à un « indépendantisme français » et d’évoquer la perspective d’une possible sortie de l’UE en qualifiant ces positions de «  nationalistes » et de « populistes ». C’est mot pour mot la critique que le PS pro-Maastricht adresse lui aussi à JLM. Rien n’est clair non plus sur un éventuel désistement du PCF au 1er tour en faveur du revenant politique Montebourg ou d’un autre candidat PS dans le cas où celui-ci gagnerait la « primaire » socialiste et qu’aussitôt, dans cette éventualité, l’aile droite de la social-démocratie rallierait très vraisemblablement  la candidature néolibérale avouée de Macron.
 
Malgré les espoirs subjectifs démesurés que certains camarades marxistes du PCF placent sur elle, il semble en réalité qu’en l’état, cette éventuelle candidature PCF qui n’aurait rien de communiste en l’état, ne tend qu’à briser la dynamique créée autour de JLM, qu’à empêcher qu’au 1er tour, JLM ne dépasse le PS en plongeant ce parti malfaisant dans une crise réjouissante, qu’à empêcher l’émergence d’un espace politique  « indépendantiste », sociale, euro-critique, laïque, antifasciste et antiraciste, qu’à permettre au PS de conserver à l’issue de la présidentielle l’hégémonie qu’il avait conquise à gauche pour illusoirement sauver quelques sièges PCF aux législatives.
C’est pourquoi nous demandons aux camarades du PCF qui se réclament du marxisme de clarifier le contenu de cette éventuelle candidature, de ne pas en faire un enjeu « en soi », indépendamment de la clarification préalable dudit candidat sur l’UE et le socialisme, mais aussi l’attitude du PCF au 1er tour et de son candidat envers le PS aux présidentielles et aux législatives : sans cela, en fait de candidature « identitaire » communiste, le peuple et les communistes eux-mêmes perdraient sur tous les terrains : la dynamique populaire à la gauche du PCF étant divisée, elle aurait bien du mal à déborder le PS sur sa gauche et à maintenir ouvert l’espace politique nécessaire à la poursuite des luttes si la droite ultra et/ou le FN s’emparent de l’Élysée avec leur programme de cauchemar.
Et en même temps, la clarification sur l’identité communiste, qui est si nécessaire à la reconstruction d’un vrai parti communiste, reculerait elle aussi puisqu’il s’agirait pour nos excellents camarades de faire bloc sur une étiquette avec leurs actuels dirigeants socialo- et euro-dépendants, plutôt que de reconstruire ensemble, en rompant avec l’influence délétère de leur direction identifiée au PGE (dont P. Laurent est le président !), l’action commune des communistes pour les quatre sorties (euro, UE, OTAN dans la perspective d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme), socle de l’urgente reconstruction d’un parti d’avant-garde des travailleurs. D’une manière générale, il faut se rappeler de la définition que Marx et Engels donnent du Parti communiste dans le « Manifeste » :
Quelle est la position des communistes par rapport à l’ensemble des prolétaires ?
Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.
Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.
Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.
 
Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.
 
Conclusion
Continuant de débattre sur leurs différences de vue à propos de certains sujets, le Rassemblement des Cercles Communistes (RCC) et le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) continueront de s’adresser fraternellement à tous les camarades désireux de préserver l’identité communiste, par essence dynamique, ouvrière et populaire, à tous les militant de la « France insoumise », à tout le mouvement syndical et social de classe, à tous les progressistes, pour que se développe au plus vite en France un large mouvement pluriel, intégrant les communistes comme une partie indépendante et incontournable, capable de faire barrage à la fois à la fascisation et à l’euro-désintégration de la France, de combattre les guerres impérialistes, le fascisme et le thatchérisme menaçants et d’ouvrir à notre pays une alternative progressiste vitale pour l’avenir du monde du travail.
 
25 novembre 2016