mardi 5 septembre 2017


CRISE AMÉRICANO-CORÉENNE :

ROBERT CHARVIN donne son point de vue à INITIATIVE COMMUNISTE.

 

Doyen honoraire de la Faculté de droit de Nice, militant communiste, auteur d’un livre récent paru chez Delga (Comment peut-on être Coréen du nord ?), Robert Charvin livre son analyse sur la situation dans la péninsule coréenne aux lecteurs d’Initiative communiste, journal du PRCF.

 

Initiative Communiste :  Votre ouvrage s’inspire de la question de Montesquieu “ Comment peut-on être persan? ” La façon de traiter la Corée du Nord dans l’espace médiatique en France, fondée sur les préjugés, n’est-elle pas indigne de l’esprit d’examen propre aux Lumières ?

Robert Charvin : Montesquieu ironisait sur les incultes ethnocentristes de son temps qui ne concevaient pas que l’on « puisse être persan » ! Quelques siècles plus tard, il en est de même au sein de la « patrie » des droits de l’homme (en réalité, l’homme occidental) dont les valeurs seules sont « universelles ».

            Les Autres n’ont que des leçons à recevoir du haut de notre grandeur éternelle : les « Trumpistes » français ont précédé les Américains!
            Les pays qui ne s’alignent pas sont dans l’erreur et leurs gouvernants des voyous dangereux pour le monde !

            À Paris, comme à Washington, on sait que la seule démocratie qui vaille est élective, peu importe que l’argent ou la violence (selon les pays) décident des résultats. Quant aux droits économiques et sociaux, ils n’ont pas à être pris en compte pour procéder à l’évaluation… et aux sanctions contre les régimes qui « déplaisent » ! Les Euraméricains, maîtres (provisoires) du monde, s’autoproclament ainsi juges du « Bien et du Mal » dans l’ordre international. Les principaux médias et les partis suivent sans examen ces jugements de cour. La Corée du Nord fait consensus : elle serait l’incarnation de la malfaisance, bien que nul de fasse allusion à la tragique histoire nationale (colonisation japonaise féroce, guerre américaine dévastatrice, embargo et sanctions à répétition depuis 1953, etc.). Rares sont ceux qui connaissent son syncrétisme idéologique fait de marxisme et de confucianisme. Pour se conforter dans leur « bon droit », nombre d’Occidentaux préfèrent ne pas savoir !

 

Initiative Communiste : Dans votre ouvrage, vous rappelez certaines réalités de l’histoire coréenne (un ambassadeur coréen se suicidant dans l’indifférence générale devant les grandes puissances entérinant la colonisation de son pays par le Japon, un seul immeuble debout à Pyongyang après les bombardements US pendant la guerre de Corée etc.). Est-ce cette histoire tragique qui explique la résistance patriotique farouche que la RPDC oppose toujours à l’impérialisme?

Robert Charvin : Maltraiter un peuple, comme l’a été le peuple soviétique dès la Révolution d’Octobre, le peuple palestinien depuis plus d’un siècle, le peuple cubain après 1958, ou le peuple nord-coréen, c’est provoquer en leur sein ce qu’on peut appeler un « effet citadelle ». Assaillis de toutes parts, par tous les moyens, menacés d’agression militaire, mis en difficultés économiques, discrédités par les puissances médiatiques dans l’opinion internationale, ces peuples ne peuvent qu’avoir une réaction défensive faite d’un patriotisme virulent, d’une mobilisation farouche, d’un monolithisme sans faille. Toute critique ne peut être que trahison dans une situation de belligérance chronique ! Toute concession devient marche vers la capitulation.

            Si l’Occident et ses « droits-de-l’hommistes » professionnels avaient réellement la volonté de favoriser les droits humains en Corée et dans le monde, comme ils le prétendent, ils dénonceraient les sanctions collectives et favoriseraient la détente et la coopération. La politique d’agression et les condamnations médiatiques systématiques sont incompatibles avec « l’aide au développement de la démocratie ». Étrangler un peuple le conduit à respirer mal et à se débattre !

            Cette pathologie féroce, liée au fait que le capitalisme a besoin d’ennemis, présente cependant des avantages pour les victimes. Le peuple coréen est concrètement informé de ce qu’ est l’impérialisme et ses tares destructives. Il a su se constituer en une force de résistance homogène, cohérente, et il a appris à surmonter toutes les difficultés imposées. Il est grave que les progressistes et de nombreux communistes en Occident n’en aient pas une conscience claire, à croire qu’ils préfèrent l’impérialisme des grands à la souveraineté des petits !

 

Initiative Communiste : Manœuvres militaires géantes, déploiement de missiles, de sous-marins et porte-avions nucléaires, les États-Unis choisissent une stratégie de la tension en Corée : est-ce exagéré de parler de menace sur la paix mondiale ?

Robert Charvin : En permanence, depuis des décennies, les États-Unis et leurs alliés (en particulier ceux de Séoul et de Tokyo, mais aussi de Paris) menacent l’existence même de la Corée du Nord en invoquant paradoxalement ses « provocations » ! La plus gigantesque armée du monde, celle des États-Unis, est pourtant à sa porte, dotée des armes les plus sophistiquées, y compris nucléaires. Chaque année, elle manœuvre aux frontières avec les armées sud-coréennes et autres, mimant encerclement et attaques ! Le peuple coréen a déjà subi les massacres, notamment sur les populations civiles, que pratiquent les armées occidentales lorsqu’elles veulent détruire un système ne leur convenant pas : la guerre de 1950-1952 n’est pas oubliée !

            Ce sont les États-Unis qui, bien loin de leur territoire national, provoquent tous les peuples de la région qu’ils veulent garder ou mettre sous tutelle !

            Ce sont les États-Unis qui jouent dangereusement de leur puissance nucléaire en osant invoquer la légitime défense. Au discours délirant de Trump s’ajoute une propagande massive et sans nuance contre la Corée du Nord, reprise par les Européens. Certains films américains vont jusqu’à imaginer une invasion militaire nord-coréenne du territoire des États-Unis : le film “L’Aube rouge” , par exemple, passé récemment sur une chaîne TV française !

            En fait, cette paranoïa anti-coréenne est totalement feinte. Elle dissimule une réalité géostratégique de première importance pour les États-Unis : la Corée est une zone de contacts avec la Chine, la Russie et le Japon. Le maintien de la présence militaire américaine est jugé nécessaire aux intérêts des États-Unis. La petite Corée du Nord est l’ennemi « utile ». Il faut entretenir sa mauvaise réputation communiste, il faut empêcher sa réunification avec le Sud afin de conserver un abcès de fixation justifiant l’ingérence étasunienne dans la région (notamment les bases en Corée du Sud, à Guam, etc.). Tous les moyens sont bons pour maintenir un état de guerre larvée empêchant un développement rapide de la Corée du Nord, au risque de déclencher un affrontement entre les puissances.

            Là encore, un regret s’impose : certains courants progressistes, obsédés par l’électoralisme, négligent le fait que la RPDC propose depuis toujours la dénucléarisation de toute la région, est prête à conclure un traité de paix avec les États-Unis garantissant sa souveraineté et à coopérer avec tous les États du monde. Renvoyer dos à dos les parties en présence, comme cela est fait pour les Palestiniens et les Israéliens, pour la Russie et les États-Unis, au nom d’une paix dont on ne précise pas le contenu, c’est en fait crier avec les loups !

 

Initiative Communiste : En 2016 et 2017 un très important mouvement populaire a conduit à la chute du gouvernement Park. Y a-t-il une évolution vers une démocratisation du régime autoritaire du sud ? Les premières annonces du nouveau président, sur la réouverture d’un dialogue direct avec la Corée du Nord, sur le système anti-missile américain en cours de déploiement, soufflent le chaud et le froid. N’est-ce pas le peuple coréen le principal atout pour la paix ?

Robert Charvin : La force décisive pour des changements positifs en Corée, c’est le peuple coréen tout entier. S’il n’y a pas encore de bonnes relations entre le Nord et le Sud depuis la fin de la guerre mondiale, c’est du fait des grandes puissances, en premier lieu des États-Unis.

            Lorsqu’il se produit des changements à Séoul (comme ce fut le cas avec l’élection de Kim Dae-jung ou récemment avec l’élimination de la présidence corrompue de Mme Park (aujourd’hui incarcérée), le rapprochement Nord-Sud se réalise. Les médias occidentaux sont restés très discrets sur le vaste mouvement de masse qui a renversé à Séoul l’équipe dirigeante, grande alliée de Washington !

            Malheureusement, la nouvelle équipe qui n’est plus systématiquement hostile au Nord, reste subordonnée aux États-Unis et sa ligne politique n’est pas encore libre.

            Mais le peuple sud-coréen, y compris les grands groupes économiques comme Hyundai, comme le peuple du Nord, souhaite la réunification et la paix : la coréanité a pour les deux parties plus de vertus, n’en déplaise à l’Occident, que l’American Way of Life, importé au sud après 1949.

            On peut raisonnablement concevoir que le Nord et le Sud, malgré tous les obstacles, trouvent la voie vers une confédération, respectueuse dans un premier temps des deux souverainetés et des deux régimes socio-économiques, premiers pas d’une marche vers l’unité qui ferait de la Corée une nouvelle puissance émergente d’importance.

            La solidarité internationale, amputée aujourd’hui par la contamination des thèses des néo-conservateurs et par les conceptions de la social-démocratie (à l’exception de quelques cas individuels comme celui de J. Lang) qui ont envahi le courant progressiste, doit pouvoir renaître si la lucidité l’emporte sur l’ethnocentrisme et l’oubli de la géopolitique. La cause coréenne le mérite.

vendredi 1 septembre 2017


Déclaration de Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF,

 et de Jo Hernandez, responsable Luttes du PRCF –

le 1er septembre 2017, suite à la publication officielle

de la 1ère Ordonnance Macron brisant le Code du travail

 

                En ce jour d’annonce du contenu de la 1ère ordonnance Macron, il est important de démasquer le méprisant personnage qui trône à l’Elysée en dénonçant le contenu de classe antisocial, antinational, ultra-atlantique et antidémocratique de l’ENSEMBLE de sa politique.

                De quoi et de qui Macron est-il en réalité le prête-nom ?

 

Une casse euro-thatchérienne géante est « en marche » sous le nom de « transformation de la France » !

                La mise à mort du Code du travail national et, dans la foulée, des conventions collectives, puisque dès le 1er octobre, les patrons auront toute licence pour imposer leurs conditions, chantage aux délocalisation à l’appui, entreprise par entreprise.               A terme, ce que veulent Gattaz et Cie,

                - c’est un retour à la situation d’avant 1936 et 1945 où les salaires, les conditions de travail et d’emploi, étaient à la discrétion d’un patronat de droit divin ;

                - c'est la possibilité de « VIRER » n’importe qui quand bon leur semblera d’abord par le plafonnement des indemnités pour licenciement abusif, ensuite par le « contrat de chantier » sans durée définie, qui reviendra à licencier du jour au lendemain pour un oui ou pour un non. Cela revient à la mise en extinction des CDI et à la généralisation de la précarité, en attendant de passer à l’ubérisation générale (ce qu’a favorisé Macron pour les taxis quand il était ministre de l’Economie) ; bien évidemment, la casse des statuts publics suivra si les travailleurs du publics ne sont pas solidaires de ceux du privé et vice-versa. Bref, le CPE pour tout le monde et le retour à l’esclavage salarié le plus brutal.

                - c'est la baisse drastique des indemnités chômage afin que chaque chômeur soit contraint au plus tôt de prendre n’importe quel emploi sous-qualifié, très éloigné de son domicile, etc. : énorme baisse des salaires de tous en vue puisqu’il s’agira d’augmenter la pression sur les salariés (concurrence accrue), le patronat jouant sur du velours ; la suppression des contrats aidés va dans le même sens. Il faudrait évidemment créer des postes statutaires et non des contrats aidés, mais leur suppression directe asphyxie les associations et les collectivités territoriales, jette des centaines de milliers de gens dans la détresse et aggrave brutalement la pression sur l’ensemble des demandeurs d’emploi ;

                - c'est la casse de l’Education nationale qui délivrait jusqu’ici des diplômes nationaux valables sur tout le territoire, qui servaient de référence pour les qualifications, donc pour les conventions nationales de branche. C'est les établissements scolaires publics rivaux délivrant des « compétences » rechargeables à l’anglo-saxonne, avec en perspective, l’émiettement total du salariat et le chacun pour soi : assurance, là encore d’une baisse sensible des salaires et d’une montée en flèche des profits capitalistes ;

                - c'est la démolition de la Sécu par la suppression des cotisations salariales et patronales, leur remplacement par l’impôt (CSG), donc le dégrèvement total du patronat et du principe du « salaire différé mutualisé » généralisé par Ambroise Croizat en 1946. Avec dans l’immédiat, un appauvrissement sensible des retraités.

                - c'est le désossage continu de ce qui reste des services publics avec 150 000 emplois de fonctionnaires à supprimer alors que la fonction publique d’Etat et la fonction publique territoriale sont déjà exsangues ;

                - c'est le saccage des retraites par répartition mises en place par Ambroise Croizat avec le passage à la retraite à points, totalement aléatoire, ce qui permettra le passage insensible, sans décision politique suscitant des réactions, à la baisse continue des pensions et/ou au relèvement continu de l’âge de passage à la retraite (les Accords de Barcelone signés par Chirac et Jospin en 2002 prévoient le passage à « 67 ans en moyenne de l’âge de la retraite au sein de l’UE » et c’est déjà le cas dans ces « modèles » que sont les Pays-Bas, la RFA, etc. ; sont également prévues, par alignement par le bas, la suppression des régimes spéciaux, la prise en compte de la pénibilité de certains travaux, etc.

                - c'est un acharnement tout particulier contre les fonctionnaires : rétablissement des « journées de carence » en cas de maladie (alors qu’elles devraient être supprimées partout : cette double peine infligée aux salariés malade est une honte !), alignement des retraites des fonctionnaires sur celles du privé (calcul des pensions sur les 25 dernières années et non sur les 6 derniers mois, c’est-à-dire alignement encore et toujours PAR LE BAS), blocage des salaires de la fonction publique pesant sur toutes les négociations salariales, renforcement du « new public management » qui rend le climat des services publics de plus en plus irrespirable ;

                - c'est la baisse des APL étudiantes, la sélection à l’entrée des facs, la montée des droits d’inscription, la déconnexion des diplômes nationaux et des conventions salariales, bref, casse de l’école et de l’université publique « à la française ». L’enseignement public deviendrait alors de plus en plus un lieu de pré-relégation sociale alors que l’école privée accueille déjà de plus en plus les enfants des couches moyennes supérieures ; et tout cela à l’abri d’un insupportable bavardage sur la « réduction des inégalités » et la « bienveillance » de l’institution à l’égard des pires comportements anti-scolaires ;

 

Le VRAI «  JUPITER » a pour nom GATTAZ !

                Et dans le même temps, table ouverte pour le grand patronat : division par deux au moins de l’impôt sur la fortune, baisse sensible de l’impôt sur les sociétés, maintien des énormes avantages (CISE, Pacte de responsabilité) aux entreprises (en clair, au patronat), gain moyen de 15 000 € par an aux 280 000 foyers les plus riches de France en termes de cadeaux fiscaux, sans parler des dizaines de milliards de l’évasion fiscale qui continueront à se promener impunément dans les paradis fiscaux que l’UE feint de combattre alors qu’elle organise elle-même, Juncker en tête, le moins-disant fiscal qui permet au CAC-40 de payer proportionnellement moins d’impôts à la France que la moindre PME ! Il faut être du dernier aveuglement, comme le sont hélas par fonction les « journalistes » des grands médias publics et privés (et pour cause, ils sont partie intégrante de l’oligarchie capitaliste ou aspirent à en faire partie) sur la SIGNIFICATION DE CLASSE GROSSIEREMENT ANTIPOPULAIRE ET PROCAPITALISTE de la politique macronienne qui s’avoue d’ailleurs crûment, à la suite de Valls, « business-friendly », c’est-à-dire en bon français pro-capitaliste. Arrachons le masque « social-libéral » de Macron, social EN PAROLES, mais néolibéral, super-maastrichtien et ultra-patronal EN PRATIQUE !

                Notons que le petit patronat aurait grand tort de soutenir cette politique par aveuglement idéologique et acharnement antisyndical : si les salaires et les revenus salariaux (retraites, indemnités chômage, remboursements maladie…) continuent de reculer, le marché des artisans, petits commerçant, agriculteurs, continuera de s’effondrer. Par ailleurs, la marche macronienne à l’ « ubérisation » vise aussi les petits patrons comme on le voit déjà dans le domaine des chauffeurs de taxi ou avec la volonté d’accroître les seuils de chiffre d’affaires de l’auto-entreprenariat, ce qui signifie à terme la mort de l’artisanat.

 

UN POUVOIR FONCIEREMENT ANTINATIONAL

                Cette casse sociale à la Thatcher s’accompagne d’une casse géante de la NATION, ce qu’hélas, continuent à ignorer nombre de dirigeants de la gauche politico-syndicale établie, et pour cause : c’est au nom de la « construction européenne » supranationale, de l’euro-austérité parrainée par Merkel au nom de la monnaie unique (c’est-à-dire de l’alignement du franc sur le Deutsche Mark, bien plus « fort »), du Traité de libre-échange transatlantique (« TAFTA ») qui va inévitablement ressurgir une fois passées les élections allemandes, qu’est organisée la casse thatchérienne géante des acquis du CNR, du Front populaire et même de 1905 (repos dominical par exemple) que Macron a reçu mission de mettre en place par Gattaz, cet ennemi juré de l’Etat nation français et ce fanatique de l’Europe des métropoles, de l’ « Union transatlantique » et des « Etats-Unis d’Europe » (cf le manifeste patronal de 2011 intitulé Besoin d’aire). C’est pourquoi Macron démolit à la fois la « République une et indivisible » issue de la Révolution française jacobine (c’est ce qu’il appelle le « pacte girondin », qui va se traduire par un écartèlement du territoire national venant en appui des baronnies régionalistes dont Gérard Collomb est le chef de file), la langue française totalement livrée au tout-anglais en tous domaines (à marché unique, langue unique), avec une américanisation forcenée de la vie politique nationale (« first lady », Discours présidentiel devant le Congrès, effacement total du Premier Ministre, suivisme aveugle derrière l’OTAN, aventurisme militaire états-unien en Corée, appui aux ingérences de la CIA en Ukraine ou au Venezuela), destruction de la défense nationale (débaptisée par Macron) au profit de l’Armée européenne intégrée à l’OTAN (= remise des clés de la force de dissuasion nucléaire française à Berlin et à Washington) qui est l’arrière-plan de l’affrontement récent entre le chef de l’Etat et l’ex-chef d’état-major des armées, etc.

                Ne parlons pas de la cérémonie de St-Etienne du Rouvray où Macron a violé la loi de séparation de l’Etat et des Eglises (« la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte ») en faisant l’éloge – moins du prêtre assassiné que de la hiérarchie ecclésiale, l’évêque du lieu se saisissant de l’occasion pour dénoncer le droit à l’IVG et les revendications sur le droit à l’euthanasie !

 

HALTE AU PSEUDO « DIALOGUE SOCIAL » PERDANT type Berger/Mailly, UNION, ACTION contre les OGM² (Ordonnances Gattaz-Macron-Merkel !).

                Dans ces conditions, honte à Mailly qui rejoint de facto la CFDT jaunâtre de Berger dans l’accompagnement de la casse sociale en présentant comme des « vraies discussions » le rideau de fumée dans lequel Macron a enveloppé la préparation des Ordonnances avec l’unique but de freiner la mobilisation estivale, de diviser le front anti-Loi Travail et de gagner du temps.

                Plus que jamais, à l’action tous ensemble et en saisissant toutes les occasions de mobilisation possibles, que ce soit le 12 septembre avec la CGT ou le 23 avec la France insoumise, et sur la base de revendications claires et nettes : on ne négocie pas les régressions, retrait des ordonnances et des contre-réformes maastrichtiennes antérieures, défense et reconstruction de l’ensemble des conquêtes du CNR et des ministres communistes de 1945-47, mise en cause radicale, non seulement de Macron-MEDEF, dont le programme est minoritaire dans le pays et dont la légitimité démocratique est plus que suspecte (56% d’abstention aux législatives !), sans oublier de mettre radicalement en cause l’UE et ses organismes d’accompagnement « social », C.E.S. en tête, et de saisir toute occasion pour encourager la renaissance du syndicalisme de classe et de masse en rejetant le « dialogue social » bidon derrière lequel se dissimulent les régressions et les pseudo-syndicalistes traîtres à la classe travailleuse.

 

Macro-fascisation en vue : Résistance !

                Il faut comprendre à temps que ce pouvoir macronien, que la gauche et l’extrême gauche établies ont mensongèrement présenté comme un « barrage antifasciste » face à Le Pen, ou comme un « moindre mal » par rapport à Fillon, sera nécessairement fascisant dans son action antipopulaire.

                On le voit déjà quand Macron essaie d’inscrire dans la loi ordinaire les pratiques liberticides de l’état d’urgence et plus encore quand il annonce que la France étant « irréformable », il va falloir lui imposer la « transformation », en clair, le programme euro-atlantico-thatchérien dont la majorité de notre peuple, classe ouvrière et jeunesse populaire en tête, ne veut pas. Le livre de Macron s’intitulait d’ailleurs « Révolution », ce qui – par antiphrase – désigne un ensemble VIOLENT de contre-réformes, voire de « contre-révolution » française (gageons qu’à l’occasion du centenaire de la Révolution d’Octobre, les attaques contre Robespierre assimilé à Lénine vont monter en puissance : Le Point a déjà donné le la cet été !).

 

                Il faut que le mouvement ouvrier et populaire s’y prépare et pour cela, que cessant d’espérer en un redressement miraculeux des appareils qui continuent de « coller » au PS (à nouveau, le PCF tend la main au PS pour les sénatoriales) et au principe délétère de la « construction européenne », les vrais communistes de ce pays s’unissent dans l’action, associent de nouveau le drapeau rouge au drapeau tricolore, se dotent à nouveau au plus tôt de ce qui leur fait défaut pour passer de la défensive perdante à la contre-offensive gagnante : un VRAI parti communiste, un PC DE COMBAT impulsant le tous ensemble des travailleurs et de la jeunesse, le Front Antifasciste, Patriotique, Pacifique et Ecologique pour sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme tout en combattant à la fois la lepénisation du pays et la macro-fascisation maastrichtienne qu’impulse le « souriant » (pour combien de temps encore ?) Thatcher en place à l’Elysée.

jeudi 31 août 2017


Le roi , va jouer la division absolue .....

et allons nous tomber dans son piège ????

 

            Il est tout sauf con, l'élève est doué et il a vite pige l'utilité pour son trône et ses amis de diviser au maximum, son objectif faire en sorte que jamais les 57% de français qui n'ont pas voté ne se retrouvent dans la rue au même Moment ....

            Il sait comme personne que l'unité du plus grand nombre et ce malgré des divergences de formes serait un danger énorme pour la poursuite de la politique menée depuis des années et celles à venir .....

            Rien ne sert de palabrer autour du sujet sur le code du travail, le roi veut le détruire, le réduire à néant, ce ne sont pas des ordonnances mais une mise à mort totale du code du travail et nous connaissons depuis des mois le contenu du programme du roi, notre code du travail est dans le couloir de la mort !!!!!


            Maintenant, il va falloir s'unir, dépasser les clivages de boutique, ce n'est pas parce que la tête d'une structure se couche que tous les autres doivent et vont Aussi participer à la sauterie .....

            Les médias vont accentuer le phénomène de division, ne vont cesser de parler de désaccord entre leaders, nous n'en avons rien à foutre de cela, nous avons toutes et tous un dénominateur commun, gagner la guerre des classes qui nous est faite par les puissants ...


            Nous allons devoir exiger une lutte à la hauteur, pousser de partout pour que la suite du 12 soit annoncée et organisée Avec en objectif un blocage de leur putain d'économie, si nous restons au niveau de manifestations validées par les préfectures et rien de plus, nous ferons un constat dramatique au final, nous sommes au rendez vous avec notre histoire, tous les moyens vont être mis en œuvre pour nous casser, nous détruire, nous diviser, nous culpabiliser, nous ringardiser, mais, nous sommes des millions en ligne de mire de leur objectif, alors nous n'avons plus le choix cette fois ci, c'est eux ou nous!!!!


            L'avenir appartient à celles et ceux qui luttent, plus que jamais cela est d'actualité alors donnons nous rendez vous le 12, mais surtout exigeons une suite avec une unité d'action la plus importante possible, il faut en finir avec des journées, avec 2000 rdv dans l'hexagone, 70 rdv dans certains départements.... il va falloir bosser pour LE mouvement qui fait tant peur à nos bourreaux .....


            Organisons au plus vite le TOUS ENSEMBLE, le 12 septembre sera le début du mouvement social le plus important dans notre pays depuis des décennies, nous devons et pouvons le faire !!!

            La peur va changer de camp, l'arrogance du système n'a que trop durée !!!!


            Si certains dirigeants de structures veulent pactiser avec nos ennemis cela ne doit en rien remettre en cause l'engagement de celles et ceux qui a la base ont comme nous soif de justice sociale.....

S'unir pour ne plus subir !!!!....


LE SEUL COMBAT QUE L'ON EST SUR DE PERDRE

EST CELUI QUE L'ON NE MÈNE JAMAIS .....

Mickael Wamen

 

Rappelons que Mickaël Wamen est le militant CGT qui a mené et mène encore la lutte des travailleurs de Goodyear

mercredi 30 août 2017


LES COMMUNISTES ET L'ECOLOGIE

Déclaration du secrétariat politique national du PRCF- Paris le 21 août 2017.

 

« Si la nature destructrice du capitalisme fait obstacle, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité ! ».

Hugo Chavez, discours prononcé au Sommet de Copenhague, décembre 2009

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            Périodiquement – et c'est là chose saine et foncièrement démocratique –, les revues du PRCF, I.C. ou Etincelles sont le théâtre d’âpres (mais fraternels) débats entre des camarades qui dénoncent les tendances exterministes du capitalisme en matière d'environnement, et les camarades qui refusent ce que, à tort ou à raison, ils ressentent comme une forme d'intégrisme environnemental, voire de « boboïsme » écolo étranger à la classe ouvrière.

            Bien entendu, le PRCF doit refuser tout ce qui, chez certains écolos petit-bourgeois, vise à condamner en soi le progrès scientifique et technique, à idéaliser de manière néo-païenne une « nature » mythique antérieure à l'intervention humaine, à dénigrer l'homme en tant que « prédateur irresponsable », à faire fi des conditions de vie réelle des travailleurs, et notamment des plus exploités d’entre eux. Ces derniers ne doivent certes pas « payer la double peine » en étant à la fois atteints dans leur santé par les conditions de travail, de vie et de consommation (nourriture malsaine, transports individuels ou collectifs de basse qualité, habitat dépersonnalisant, etc.) imposés par le capitalisme et culpabilisés à propos de leur mode de consommation (prescrit par leur faible pouvoir d'achat, par leur éloignement des centres-villes, par leurs conditions de travail, par leur absence de perspectives individuelles épanouissantes...). Quand par exemple les grandes « métropoles » s'ingénient à interdire les vieilles voitures, à instituer des péages routiers (ou à augmenter sans fin le prix du stationnement, ce qui institue un cens de stationnement anti-pauvres), et que, dans le même temps, les gouvernants maastrichtiens ferment les yeux sur la croissance exponentielle du transport aérien « low coast » (car la pollution linguistique accompagne toujours la pollution atmosphérique !) ou sur celle du transport maritime de conteneurs (ce transport de marchandises vers la France pollue plus à lui seul que tous les véhicules particuliers diésel circulant sur le territoire !), le PRCF se doit de dénoncer la nature anti-prolétarienne de ces mesures, surtout quand elles sont mises en place sans aucune contrepartie (transports publics, parkings gratuits à l’entrée des villes, navettes gratuites…). Même s'il est sain que l'humanité s'interroge sérieusement sur l'équilibre entre nourritures carnées et aliments d'origine végétale, il n'est pas question non plus de culpabiliser les éleveurs alors même qu'il faudrait d'abord – ce qu'interdit de fait la « concurrence libre et non faussée » bruxelloise – procéder à un abattage local des animaux de boucherie dans des conditions tout simplement légales et cela, après les avoir élevés dans des conditions optimales, avec une nourriture saine, en plein air et avec de l’espace. Pas question non plus d'abonder unilatéralement les campagnes incessantes contre l'industrie nucléaire civile alors que la majorité des écolos en titre ferment les yeux sur l'énorme course aux armes nucléaires réenclenchée par Trump ET par Obama et alors que, là encore, le B.A.-BA du souci environnemental devrait être de rendre à la nation la maîtrise totale sur EDF-GDF (« Engie »), d'en finir avec le principe irresponsable de la sous-traitance dans l'entretien des centrales nucléaires, de faire en sorte que l'implantation des énergies renouvelables se fasse dans l'intérêt du peuple et non dans celui des fabricants privés d'éoliennes – et il faut ajouter là qu’il s’agit aussi d’en finir avec ces baisses des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales car, souvent, celles-ci n’acceptent de couvrir leur territoire d’éoliennes (qui polluent les paysages) que pour faire entrer un peu d’argent dans les caisses communales de façon à pourvoir aux investissements indispensables (mais qu’adviendra-t-il des tonnes de béton qui ont remplacé la terre, des mats et des pales quand ils seront en bout de course?). Etc.

            Pour autant, ne perdons pas de vue la ligne générale, stratégique, de notre action fondamentalement communiste et anti-exterministe pour l’environnement. S’il est vrai que l'impérialisme-capitalisme moderne est un exterminisme, c'est-à-dire que le maintien du capitalisme, devenu depuis longtemps antinomique des besoins de l'humanité en matière de développement harmonieux, mène à la destruction de l'humain et de son environnement, s’il est exact que « le capitalisme n'engendre la richesse qu'en épuisant ses deux sources, la Terre et le travailleur » (Marx), alors nous, militants franchement communistes, devons être les premiers à porter une grande campagne de classe contre l'irresponsabilité écologique d'un mode de production et de consommation, le capitalisme, qui détruit l’environnement aussi sûrement qu'il enfante sans cesse la fascisation politique et la marche aux guerres mondiales sans limites. Comme l’avait ironiquement signalé Hugo Chavez, « si le climat était une banque, ils (les grands Etats impérialistes) l’auraient déjà sauvé »… C'est pourquoi les camarades qui nous alertent sur les menaces du capitalisme en matière environnementale doivent être encouragés sur le fond, même si naturellement, il peut aussi y avoir des critiques ou des réserves sur tel ou tel aspect de leur réflexion. Le PRCF est favorable à un Front Antifasciste, Patriotique, Pacifique, Populaire et ECOLOGIQUE, et le « E » final de notre « FR.APPE ! » n'est certainement pas un e muet !

            Concrètement, cela signifie que, tout en discutant à fond sur les mesures que le capitalisme et ses institutions proposent en permanence – non pour réguler la crise environnementale explosive qu'ils provoquent, mais pour la gérer au profit du système qu’ils nous imposent comme à tous les peuples du monde –, il faut sans cesse réfuter l'idée du « capitalisme vert ». Fidel Castro, qui fut un pionnier « rouge » de l'écologie humaniste n'a cessé d'y insister, c'est contre le capitalisme et l'impérialisme qu'il faudra sauver l'environnement, non avec eux et par eux. Et comme l’avait dit Chavez à Copenhague en paraphrasant Bolivar, « si la nature destructrice du capitalisme fait obstacle, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité ! ».
            Mais outre cet aspect de principe, rien n'interdit au PRCF et à ses organisations locales de mettre en place une campagne de terrain pour le transport en commun ferroviaire, que Macron et Cie s'efforcent de casser au profit du transport routier avec le double objectif de déstabiliser la résistance cheminote et de développer encore et encore le camionnage « low coast », frère de lait du camionnage international qui accompagne la casse du « produire en France » et la montée en puissance de la production « à flux tendus » totalement dérégulée. Avec les usagers de la SNCF, avec les cheminots, il y a du grain à moudre pour sauver la SNCF, redévelopper la RATP, associer les travailleurs de l'Equipement qui s'occupent de sécuriser les routes et de développer les trams, etc., et faire le lien entre les luttes sociales et les luttes environnementales. Et bien sûr il ne faut rien lâcher de notre volonté de ré-industrialisation du pays (et de tous les pays car chacun doit produire – industrie ou agriculture, d’ailleurs – ce qu’il peut produire chez lui, pour commercer de façon mutuellement avantageuse avec les autres) car toutes ces délocalisations capitalistes contribuent à la misère des uns comme des autres et aux diverses pollutions dénoncées à juste titre par beaucoup. Il faut aussi dénoncer plus fortement l’UE et sa politique agricole entièrement au service des monopoles de l’agro-alimentaire. Car cette politique, qui conduit régulièrement à des scandales alimentaires et à la ruine de très nombreux petits paysans et artisans pêcheurs, est à la fois nocive pour les petits et moyens producteurs, pour les salariés, pour la santé publique et pour l’environnement.

mardi 8 août 2017


Proche-Orient, Ukraine-Russie, Venezuela, Péninsule coréenne, Palestine, criminalisation des communistes en Europe de l’Est… : sur le plan international aussi, « LES BARRICADES N’ONT QUE DEUX CÔTES » (Elsa Triolet).

par Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF,

et Antoine Manessis, responsable de la commission internationale

 

Sur fond de crise larvée du capitalisme mondialisé et de difficultés croissante des USA à maintenir leur belliqueuse hégémonie mondiale, le monde vit une situation internationale contrastée et dangereuse, avec de très nombreux foyers de tensions dont certains peuvent à tout moment donner prétexte à des conflits dévastateurs, mondialisés, voire franchement exterminateurs, c’est-à-dire mettant en cause l’existence de l’humanité. En l’absence de l’URSS et du camp socialiste mondial, qu’a détruit la contre-révolution anticommuniste des années 90, faute d’un puissant Mouvement communiste international s’inspirant partout du marxisme-léninisme pour porter à la fois l’internationalisme prolétarien et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pour coopérer librement, en présence d’un impérialisme américain d’autant plus revanchard qu’il est historiquement déclinant, avec la montée en puissance d’une Europe allemande en pleine course aux armements et avec le retour en force international d’un Japon en proie au militarisme résurgent et au négationnisme historique, alors que Macron poursuit les ingérences néocoloniales en Afrique, alors qu’il menace la Syrie souveraine et qu’il s’engage dans la mise en place d’une « défense européenne » surarmée et asservie à l’OTAN, cette situation appelle de la part des forces communistes, progressistes, patriotiques, internationalistes, antifascistes et anti-impérialistes nationales et internationales un extrême esprit de solidarité et de responsabilité à l’égard des peuples et des pays qui tiennent tête, dans des situations généralement complexes, contradictoires et embrouillées, à cet ennemi principal des peuples, de la paix mondiale et de l’avenir même des hommes qu’est, sur tous les plans, économique, politique, culturel, écologique, et bien entendu, militaire, l’impérialisme-capitalisme.

 

Or, dans la dernière période, et nonobstant l’extrême danger pour la paix et pour l’avenir des processus progressistes, on voit s’accentuer la tentation de certains milieux dits progressistes, voire « marxistes », de MEGOTER leur solidarité avec les peuples victimes d’agression :

  • plus encore que d’autres Etats progressistes de l’ALBA, et plus généralement, de l’Amérique latine en lutte, le Venezuela bolivarien est tenaillé par une sanglante tentative de déstabilisation à la chilienne de la part de l’impérialisme US et de l’oligarchie locale ; or, alors que l’heure est aux manifestations de toute la gauche populaire française et européenne pour soutenir Maduro et pour combattre la « contra », on voit des dirigeants « communistes » (notamment le directeur de l’Humanité) qui donnent des leçons et qui appellent, en réalité, Maduro à quitter le pouvoir sans se battre, en un mot, à déserter le combat en « sauvant la face ». Quitte à isoler Cuba socialiste, la Bolivie et les autres pays de l’ALBA ?
  • équidistance irresponsable aussi quand certains ne lèvent pas le petit doigt pour conjurer la « guerre de grande ampleur contre la Corée du Nord » (comme l’a écrit D. Trump), dont la préparation militaire (manœuvres communes USA/Corée du Sud/Japon, « bouclier » antimissiles, etc.) est accompagnée par un tapage médiatique planétaire assorti de sanctions financières sans fin, hélas appuyées par l’ONU, et cela au motif que le « régime » nord-coréen (les aboyeurs de l’impérialisme emploient systématiquement cette expression codée quand il s’agit de déclasser un ETAT avant de l’écraser sous les bombes) ne répond pas aux critères édictés par l’Occident capitaliste en matière de « démocratie » : cette « démocratie » occidentale qui tolère que cinq millions d’enfants par an meurent de faim dans le monde, que plus d’un milliard d’hommes au monde, bientôt deux, dépérissent au chômage, que des Etats souverains entiers, notamment dans le monde musulman, soient détruits par les interventions américaines et otaniennes, que des milliers d’enfants, de femmes et d’autres innocents fuyant la mort risquent chaque jour la noyade en Méditerranée, que des Etats pétro-monarchiques médiévaux n’aient, eux, aucune question à se poser sur leur « régime » interne grossièrement oppressif pourvu qu’ils participent de l’ordre prédateur mondial parrainé par Washington, Tokyo, Berlin et leurs petits suiveurs de l’Elysée… et qu’ils financent de temps à autre l’ « achat » à grand bruit d’un mercenaire du sport-spectacle !
  • de même qu’il est fréquent, y compris « à gauche », voire à l’ « extrême gauche », de renvoyer hypocritement dos à dos les USA et les Etats russe, syrien, iranien, chinois, au motif que ces derniers ne correspondent pas aux normes du « pluralisme » (si mensonger tant il est de plus en plus sous contrôle à l’Ouest) du sacro-saint « Occident » auto-rebaptisé « Communauté internationale », alors même que l’ensemble constitué par la Triade hégémonico-impérialiste Washington-Berlin/Paris-Tokyo regroupe moins d’un dixième des habitants de la planète Terre !

 

                Pis encore, on voit parfois des forces se réclamant de Lénine et de la révolution dénoncer l’ALBA (Alternative bolivarienne des Amériques), cette tentative internationale certes très perfectible et encore passablement inaboutie d’alternative au modèle néolibéral, mais qui reste un point d’appui pour tous ceux qui préfèrent la coopération internationale entre peuples souverains à la « concurrence libre et non faussée » du TAFTA et des transnationales. Certes, le gouvernement chaviste-maduriste en place à Caracas est fort loin d’être un pouvoir communiste « classique ». Certes, le processus bolivarien est encore dominé au Venezuela par la petite et moyenne bourgeoisie nationale. Certes, il n’est pas, ou pas encore, clairement orienté vers la révolution socialiste et vers la dictature du prolétariat qui seule pourra, comme la révolution ouvertement socialiste choisie par nos camarades cubains en 1959/61, stabiliser enfin le pouvoir révolutionnaire, de planifier le redressement économique, d’assurer un emploi à chacun et de construire une patrie pour tous. De même, les « républiques du Donbass » ne sont certes pas, à l’heure actuelle, des républiques soviétiques et ouvrières au sens de 1917 et elles ne prétendent d’ailleurs pas l’être ; mais n’est-ce rien que, face au véritable « Drang nach Osten » (poussée vers l’Est, comme on disait dans les années 1930 et 40…) de l’UE-OTAN appuyé par le gouvernement pronazi de Kiev, des forces patriotiques, populaires, voire ouvrières se soient dressées dans cet Est de l’Ukraine qui fut l’un des berceaux d’Octobre 1917, de la « Jeune garde » chère au romancier Fadéiev et de l’héroïque Résistance prolétarienne de masse à Hitler à l’époque de l’opération Barbarossa apparemment triomphante !

 

Face à cette situation compliquée, le PRCF rappelle quelques principes élémentaires qu’il est indispensable de se réapproprier.

Il s’agit à la fois d’échapper à l’extrême opportunisme des uns qui, pour ne pas rompre leurs bonnes relations avec l’UE qui les finance à travers le Parti de la Gauche Européenne ni avec le PS social-impérialiste dont ils dépendent électoralement, ne « soutiennent » Maduro que « comme la corde soutient le pendu », (au point qu’un tel « soutien » est pire qu’une attaque frontale tant il désoriente les défenseurs français du processus bolivarien !), mais aussi au sectarisme doctrinaire des autres qui refusent la dialectique marxiste-léniniste de l’identité communiste et du rassemblement populaire, national et international qui doit unir dans l’action tous les ennemis de l’impérialisme, de l’anticommunisme et du fascisme, étroitement associés au Venezuela, en Ukraine et en Europe de l’Est.

 

Cette dialectique objective unit pourtant dynamiquement, « en mouvement », la défense des objectifs proprement prolétariens (révolution socialiste, pouvoir des travailleurs, communisme…) à l’incontournable  exigence de construire ici et maintenant, à partir des rapports de forces concrets, de larges fronts antifascistes, anti-impérialistes, anti-oligarchiques, antimonopolistes, pacifiques, patriotiques, démocratiques, progressistes, avec en parallèle l’effort constant de la classe ouvrière et des communistes – c’est-à-dire de la partie de cette classe qui s’efforce de jouer un rôle d’avant-garde de classe organisée – pour diriger ces fronts de manière efficace contre l’impérialisme, pour isoler les oligarques et leurs commis, pour orienter en définitive les révolutions patriotiques et démocratiques dans le sens de la révolution socialiste et du pouvoir des travailleurs. Il n’y a pas opposition en réalité entre la construction et la défense pleine et entière de ces larges fronts et le développement, dans chacun des pays concernés, de partis communistes de combat, léninistes, ancrés dans le monde du travail et les quartiers populaires ; bien au contraire, les deux objectifs s’épaulent, de même qu’à l’échelle mondiale et régionale, il n’y a pas opposition entre la mise en place de larges coalitions internationales pour la paix, le progrès et l’environnement, et l’impérieuse nécessité que renaisse à tout le moins un large Mouvement communiste international débarrassé à la fois de ses tentations opportunistes et de ses crispations sectaires, lesquelles se nourrissent d’ailleurs mutuellement.

Pas de contradiction non plus entre la solidarité de classe internationale avec les communistes et les syndicalistes de classe souvent persécutés à l’Est, y compris en Russie, et l’exigence pacifique élémentaire consistant à refuser qu’à nouveau, le grand peuple russe, qui fut l’artisan n°1 de la défaite hitlérienne, se trouve encerclé, menacé, amputé, « sanctionné » systématiquement par une politique euro-atlantique de plus en plus agressive. Celle-ci, après avoir annexé l’Europe de l’Est à l’UE/OTAN (pour le plus grand malheur du peuple français dont le pays est sapé en profondeur par la « construction » euro-germano-atlantique redoublée qui a résulté de ce basculement contre-révolutionnaire des rapports de forces européens) et une partie des Républiques soviétiques, voudrait désormais presser la Russie militairement sur ses flancs balte, polonais, ukrainien, caucasien, centre-asiatique... sans parler de la pression militaire sur Pyongyang qui vise très directement la Chine populaire et la Fédération de Russie, toutes deux limitrophes de la République populaire démocratique de Corée…

Pas de contradiction enfin à se réclamer de la lutte universaliste pour la démocratie populaire, le socialisme et le communisme, et à défendre le droit du peuple coréen à la réunification (sous le principe « Un Etat, deux systèmes sociaux », comme cela s’est fait pour Hong Kong) pacifique, ce qui implique le droit de la RDPC à l’autodéfense face à l’armée US nucléarisée et omniprésente au Sud, face également à un Japon qui brûle de liquider sa constitution pacifiste, de se doter de l’arme nucléaire et de ré-intervenir partout où ses intérêts impérialistes le lui dicteront. Pas de contradiction à défendre le « pluralisme » dont certains se réclament abstraitement contre le « totalitarisme », car à notre époque, le totalitarisme le plus dangereux – s’il est permis d’user de ce vocabulaire plutôt confus sur le plan conceptuel – est celui que les USA et leurs suiveurs veulent imposer au monde entier, sans espace politique de repli, et en mettant en place une pensée, une économie, une « culture », voire une langue unique mondiale « made in Wall Street », avec un asservissement mental sans précédent des individus suivis à la trace par le « Big Brother » atlantique et néolibéral. C’est d’autant plus vrai que de plus en plus, au prétendu « soft power » (« pouvoir doux ») néolibéral exercé sur les esprits par l’entremise de ses médias alignés, l’UE euro-atlantique ajoute le poing de fer en collaborant sans états d’âme avec des gouvernements cléricaux et fascisants (Varsovie, Pays baltes, Ukraine…), en réprimant les courageux partis communistes de l’Est (Pologne, Ukraine, Hongrie, Bulgarie, Tchéquie…), en ouvrant partout ses portes à une extrême droite nostalgique d’une « Europe blanche », pseudo-« chrétienne » et « forteresse » constituée en pendant et en rival de l’impérialisme US pour la domination sur les pays de l’Est et du Sud. Ne parlons pas de l’appui, souvent direct et grossier, que le prétendu Occident libéral n’a cessé, pour des raisons de classe mâtinées d’antisoviétisme et d’anticommunisme, d’apporter durant des décennies aux intégristes religieux à la Ben Laden qui ensanglantent périodiquement la planète et qui sont, à bien des égards, des sous-produits, voire des sous-traitants de l’impérialisme euro-atlantique.

 

Cela signifie qu’il faut en revenir au principe selon lequel, oui, « les barricades n’ont que deux côtés ». Lors des affrontements décisifs de la Révolution française, notamment durant l’An II de la République, en février et en juin 1848, pendant la Commune de Paris, lors de la Révolution d’Octobre, de Stalingrad, de la guerre de libération du Viêtnam, etc., et n’en déplaise aux petits bourgeois de droite et de gauche, il n’y a jamais eu « trois » camps, fût-ce le camp suprêmement bien-pensant des super-révolutionnaires qui comptent éternellement les points avant, puis qui pleurent les défaites et qui donnent ensuite des leçons rétrospectives : en effet, les situations politiques CONCRETES ne sont pas des situations de laboratoire. Elles ne présentent presque jamais un visage « pur » et défini où il y aurait d’un côté les « bons », 100% garantis sur facture, et de l’autre, les « méchants ». Du côté des exploiteurs aussi, il y a souvent des « idiots utiles » exaspérants qui, pour faire valoir leur « belle âme » et prendre la pose devant la « postérité », prêtent la main aux prédateurs, comme du côté des peuples on trouve aussi, presque toujours, des aventuriers, des pêcheurs en eaux troubles et des carriéristes dont il faut déjouer les manigances. Comme le disait Lénine à l’encontre des snobs politiques de toutes obédiences, « Quiconque attend une révolution sociale “pure” ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. (…) C’est s’imaginer qu’une armée prendra position en un lieu donné et dira “Nous sommes pour le socialisme”, et qu’une autre, en un autre lieu, dira “Nous sommes pour l’impérialisme”, et que ce sera alors la révolution sociale ! ».

 

Encore faut-il bien entendu comprendre dialectiquement l’idée que « les barricades n’ont que deux côtés ». Cet énoncé n’est pas un appel au manichéisme et à l’alignement aveugle. Non seulement sur le principe général : car – une fois que, et une fois que seulement, l’on a clairement choisi son camp, celui de l’anti-impérialisme conséquent – on peut et on doit, du côté de la « barricade » que l’on a choisi, et sans quêter des applaudissements de la part du camp d’en face, qu’il faut au contraire encore plus fustiger, faire entendre si besoin ses critiques constructives pour permettre au camp que l’on a élu de GAGNER, ce qui signifie toujours au final, combattre les « pêcheurs en eaux troubles », aider à mettre le peuple travailleur en position dirigeante au sein de l’alliance anti-impérialiste et au final, faire prévaloir le seul point de vue authentiquement universel : celui du communisme entendu comme lutte des classes pour une société sans oppression nationale ni exploitation de classe. Bref, il faut entendre l’avertissement de Politzer, le philosophe communiste que fusillèrent les Allemands : « l’esprit critique, l’indépendance intellectuelle ne consistent pas à céder à la réaction, mais à NE PAS lui céder » : c’est toute la différence entre le véritable doute méthodique conseillé par Descartes, qui est entièrement tourné contre le préjugé et orienté vers les lumières, et l’éternel scepticisme contre-révolutionnaire et finalement ténébreux de ceux qui restent constamment « le cul entre deux chaises », hésitant entre réaction et progrès, ténèbres et lumières, obscurantisme et recherche universelle du vrai, camp impérialiste et camp des résistances patriotiques et populaires !

Et cette souplesse dialectique est encore plus nécessaire quand il s’agit d’apporter un soutien militant, et parfois, « militaire », à tel gouvernement qui n’est pas, n’est pas encore, voire ne sera jamais, prolétarien, voire qui, par certains aspects, s’affaiblit parfois lui-même dans sa lutte contre l’impérialisme en tracassant le prolétariat et les communistes de son pays.  C’est ainsi que les communistes du PRCF n’ont jamais mégoté leur soutien indéfectible aux communistes vénézuéliens, aux marxistes du FPLP, à tous ceux qui ont maintes fois été tracassés par les pouvoirs en place, y compris par des pouvoirs inconséquemment patriotiques préférant parfois leur caractère bourgeois à l’efficacité du combat anti-impérialiste. L’idée que « les barricades n’ont que deux côtés » n’enjoint donc en rien un alignement aveugle « derrière » tel ou tel gouvernement, fût-il anti-impérialiste ou antifasciste. Il est inséparable de l’esprit critique guidé par le marxisme, de la solidarité de classe indéfectible avec les prolétaires et les communistes de chaque pays (Syrie, Irak, Ukraine, Russie, Iran, Yougoslavie...), pourvu naturellement que cet esprit critique ne soit pas une manière d’atténuer l’aspect principal des choses : l’ACTION SOLIDAIRE de classe et de masse pour combattre le fascisme, l’impérialisme et leurs créatures, pour défendre le progrès social, les libertés populaires, la paix mondiale, la souveraineté des nations. Ainsi Lénine et Rosa Luxemburg dialoguaient-ils, parfois de manière âpre et publique, tout en défendant tous deux Octobre rouge, le mouvement Spartakus et l’Internationale communiste alors en plein affrontement de classes international : mais ils étaient clairement et d’abord, « avant tout et malgré tout » comme disait Karl Liebknecht, DU MEME COTE de la barricade, et ils ne prêchaient pas plus une « critique sans soutien » qu’un soutien aveugle et acritique du moment qu’ensemble, sans mégoter, chacun appuyait sans retour les « rouges » et les anti-impérialistes du monde entier.

 

Face aux dangers, bien trop surestimés, qui menacent la paix mondiale, face à l’hésitation actuelle du mouvement populaire français à expliciter le lien entre la résistance sociale à l’euro-casse et les gaspillages insensés prévus par Macron pour liquider l’idée même de défense nationale et lui substituer une armée « eurotanienne » ciblant la Russie et dotée de la force nucléaire française, face aux tentatives pressantes, pour l’instant largement contenues et déjouées par les peuples, de « purger » le Venezuela bolivarien, de déstabiliser l’ALBA et d’isoler Cuba pour « reprendre en main » toute l’Amérique latine, face à l’entreprise visant à asphyxier la RDPC et à la détruire atomiquement si l’occasion se présente pour Trump au risque de provoquer la Chine et la Russie, face à l’acharnement euro-américain visant à encercler et à recoloniser définitivement la Russie et l’ex-espace « soviétique », à prendre en tenailles l’Iran, à écraser l’héroïque peuple palestinien, à « contenir » et à « refouler » de mille façons la République populaire chinoise, l’impérialisme est loin, fort loin, d’avoir partie gagnée, comme on le voit notamment en Syrie où l’entreprise impérialiste, pseudo-« démocratique », de dépeçage du pays à l’irakienne a été stoppée.

 

Dans ces conditions, le PRCF continuera, non seulement de choisir son camp, celui de l’émancipation nationale, culturelle et sociale de la France et de toute l’humanité, mais de pratiquer la solidarité de classe internationaliste en « tenant les deux bouts » de la devise de l’Internationale Communiste formulée par Engels et Marx, puis enrichie par Lénine, « Prolétaires de tous les pays, peuples opprimés du monde entier, unissez-vous ».

Pratiquement, nous appelons nos amis communistes, syndicalistes, patriotes progressistes, internationalistes, de France et d’ailleurs, à faire plus fort et plus unitaire sur les points suivants :

  • L’appel au retrait français de l’UE-OTAN, ce facteur majeur d’oppression, d’exploitation et de guerre en Europe et à l’Est de l’Europe
  • La condamnation des ingérences néocoloniales françaises en Afrique (Libye, Mali, Côte d’Ivoire, Centrafrique, Burkina Faso…) qui ne servent que les transnationales et qui desservent à la fois le peuple français et les peuples africains amis qui participent de l’espace francophone international
  • Le soutien beaucoup plus déterminé et UNI des progressistes, et d’abord de TOUS les communistes, aux camarades polonais, ukrainiens, baltes, tchèques, bulgares, hongrois, etc., persécutés par des pouvoir euro-fascisants qui ne criminalisent le communisme que pour mieux banaliser l’extrême droite
  • La défense de la paix, la promotion de la réunification nationale Nord-Sud, sans ingérence US, dans la Péninsule coréenne
  • Le refus de toute guerre, de toute tentative d’isolement, de toute forme de « sanctions », menaçant le grand peuple russe dont le Général De Gaulle disait loyalement en 1966 qu’il « a joué le rôle principal dans notre Libération »  à l’occasion de la seconde Guerre mondiale
  • Le refus de toutes les « sanctions » contre les peuples russe, iranien, nord-coréen, vénézuélien, l’imposition de sanctions internationales au gouvernement d’extrême droite israélien qui bafoue la légalité internationale, colonise arrogamment les territoires occupés et qui constitue un foyer permanent de guerre, de provocation et de crispation dans la région la plus dangereuse du monde ;
  • La levée immédiate du blocus contre Cuba socialiste, l’évacuation inconditionnelle de la base de Guantanamo par les tortionnaires mandatés du « régime » nord-américain, seule source permanente et structurelle d’atteinte aux droits de l’homme sur l’Ile de José Marti et de Fidel Castro.

 

Plus que jamais, faisons le lien entre cette action internationaliste conséquente et la stratégie nationale du PRCF, une stratégie qui marque et qui marquera de plus en plus de points auprès des vrais progressistes au fur et à mesure que se révèlera le vrai visage de l’UE/OTAN et de son dangereux petit proconsul macronien : la sortie de la France, par la voie progressiste, de l’euro, de l’UE, de l’OTAN dans la perspective révolutionnaire d’une rupture avec le capitalisme-impérialisme, dont la perpétuation au 21ème siècle devient un obstacle mortel au développement, voire à la survie, de la France, du progrès humain et de toute l’humanité.

Le 8 août 2017, Georges Gastaud et Antoine Manessis, pour le PRCF.